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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 18:29

Lorsqu’on s’amuse à chercher les meilleures performances boursières 2015 du CAC All-tradable sur le célèbre site financier Boursorama, les chiffres sont à prendre avec des pincettes. En effet, les trois sociétés arrivant en tête du palmarès n’ont tout simplement rien à faire sur ce podium. Non, les actionnaires du casinotier Partouche n’ont pas touché le jackpot en empochant une plus-value de 1.460% depuis janvier. Simplement, le titre a fait l’objet d’un regroupement d’actions (une nouvelle pour 10 anciennes) pas pris en compte dans le calcul de la performance. Au moins, ceux-là ont tout de même vu une performance positive en 2015. Les actionnaires de HiPay et HiMedia, titres figurant aux deuxième et troisième places de ce classement faussé goûteront sans doute moins la plaisanterie, l’erreur étant là encore due à une triple opération financière : spin off de Hi Media pour donner deux sociétés cotées distinctes puis regroupement de chacune d’entre elles. Au cours de ce soir, ils ont perdu près de la moitié de le valeur de leur investissement depuis le début de l’année. Et encore certains actionnaires ont-il un prix de revient très supérieur aux 2,50 euros que valait l’action en fin d’année dernière.

Dernier épisode de ce calamiteux feuilleton : les résultats semestriels catastrophiques que vient de publier HiMedia. On pressentait de mauvais chiffres, après un premier trimestre où l’activité était en berne. Mais la perte opérationnelle courante de 10,4 millions d’euros à comparer à une marge brute (indicateur de l’activité dans la publicité) de 5,9 millions dépasse presque l’entendement s’agissant d’une activité aussi faiblement capitalistique que la communication. S’y ajoutent (si l’on peut dire) des dépréciations d’actifs sur plusieurs filiales en Espagne, Suède, Italie, pour aboutir à une perte nette de 31,8 millions d’euros. C’est assez logiquement que le titre, privé de tout repère, s’effondre aujourd’hui de 22,9%, malgré une tentative désespérée de camouflage des mauvaises nouvelles, le communiqué annonçant de manière faussement anodine une « réorientation des activités ».

Un autre élément troublant accompagne ces résultats. Selon une déclaration reçue le 7 septembre par l’Autorité des marchés financiers (AMF), Cyril Zimmermann, PDG de HiMedia a acquis 7.666 actions de la société. Même si cette déclaration (faite sous la seule responsabilité du déclarant) se veut conforme à la recommandation 2010-07 de l’AMF, qui recommande en principe aux dirigeants de sociétés cotées de ne pas intervenir sur le marché de leur titre dans les jours précédant une publication financière (c’est-à-dire lorsque la dissymétrie d’information entre initiés et non initiés est maximale), on peut s’interroger sur la motivation d’un tel mouvement, très inhabituel, juste avant de révéler des chiffres aussi piteux. Si c'était pour rassurer les petits porteurs, c'est raté.

Le seul élément rassurant des résultats pourrait être la trésorerie, qui se monte à 15 millions d’euros, sachant que 14,5 autres millions ont été laissés dans les caisses de HiPay au moment de la séparation des activités. Reste que l’évaporation semble importante depuis juin 2014, où la trésorerie post-cession de jeuxvideo.com se montait à 78 millions ! Les quelques acquisitions réalisées entretemps semblent insuffisante à expliquer ce conséquent écart. Or, le « cashburn » ne semble pas fini et il semble bien que la réorganisation de l’entreprise va encore générer quelques coûts à l’avenir, de licenciements par exemple !

HiMedia apparaît aujourd’hui plus que jamais comme une entreprise qui a toujours fondé sa croissance sur des acquisitions plus qu’une véritable de développement organique, manquant ainsi les évolutions de son marché. Reste à savoir s’il y a dans les acquisitions récentes un nouvel Allopass ou un nouveau jeuxvideo.com. L’addition d’AdMoove (publicité mobile), de Quantum Advertising (publicité « native ») et des anciennes filiales "exotiques" d’Orange en Espagne, à Miami ou au Mexique suffira-t-elle à remettre en selle le cheval HiMedia ? Rien n’est moins sûr ! Pendant ce temps, l’ex start-up française Criteo, fondée en 2005, spécialisée dans le ciblage publicitaire et désormais cotée au Nasdaq, dépassera le milliard de dollars de ventes cette année. Peut-être parce qu’elle a su foncer et prendre les bons virages sur le marché de la publicité internet là où HiMedia semble toujours en retard d’un train.

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