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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 13:31

Une femme ingénieure ? Et pourquoi pas ? L’association Elles Bougent s’est fixé comme mission de lutter contre certains stéréotypes, comme celui qui veut que les métiers d’ingénieurs soit plus seyants aux garçons, en mobilisant au seins des entreprises des femmes ayant fait des carrières techniques pour qu’elles parrainent (on devrait en l’occurrence dire : qu’elles marrainent) de jeunes étudiantes.

C’est ainsi, certains métiers sont marqués d’une empreinte masculine et pas forcément pour des raisons de force physique, comme le bâtiment. La finance, par exemple, est réputée comme étant un métier assez masculin - non sans raison, même si les choses changent. Avec la communication numérique, certaines sociétés entrepreneuriales du secteur affichent sur leur site web l’intégralité ou la quasi-intégralité de leurs équipes, ce qui permet de faire certaines observations.

 

Par exemple, la page web consacrée par la Financière de l’Échiquier à ses équipes dévoile 69 portraits, dont 52 hommes et 17 femmes. On notera que ce taux de féminisation de près de 25% est assez inégalement réparti. Avec 13% de femmes, l’équipe de gestion collective est très loin de la parité, alors que la partie gestion privée l’atteint très exactement, avec sept femmes sur 14 personnes.

A l’heure où les financiers mettent de plus en plus souvent l’accent sur la notion d’investissement responsable et prêtent attention à des aspects sociaux tels que l’égalité des chances, ils ne peuvent ignorer leur propre comportement en la matière. Allons donc jeter un œil sur le site web de Sycomore AM, qui gère environ 1,5 milliard d’euros en ISR (investissement socialement responsable), soit presque la moitié de ses encours, et cultive des stratégies très spécifiques (celle du fonds Happy @ Work sélectionne les entreprises où il investit sur le critère du bien-être des salariés.

Sur la page « nos collaborateurs » de Sycomore AM, les lignes sept et huit respectent parfaitement l’égalité hommes-femmes (voir ci-dessous) ! Mais au total, on dénombre 12 profils féminins sur 49 portraits de collaborateurs : à peu de chose près, la même proportion qu’à l’Échiquier. A partir de là, on peut voir le verre à moitié vide : on est certes encore loin de la parité. Mais on peut aussi le considérer à moitié plein. D’abord, les femmes ne semblent pas confinés à certaines tâches qui seraient par nature plus féminines (disons, assistante de direction). On les trouve dans les deux sociétés citées dans toute la palette des métiers : elles sont directeur du développement (le titre n’est pas féminisé sur le site de Sycomore), analystes, gestionnaires de risques,  gérantes de fonds ou... gérants privés (curieusement, dans l’organigramme de l’Échiquier, ce mot n’est féminisé qu’en l’absence d’adjectif qualificatif).

La finance est-elle un métier macho ?

Il ne semble pas y avoir de plafond de verre non plus, puisqu’on trouve les femmes jusqu’au sommet de la pyramide : Christine Kolb est même « associé fondateur » de Sycomore AM. Que manque-t-il donc pour se rapprocher de la parité ? Peut-être déjà des vocations, les jeunes femmes pouvant avoir tendance à ne pas aller spontanément vers certains métiers. On peut aussi évoquer ce qu’on appelle l’homophilie, c’est-à-dire la préférence que peut avoir tout un chacun (par exemple, un recruteur) pour des personnes du même sexe que lui,.

Comme je l’ai relaté dans un article du Monde en novembre dernier (voir tout en pas de cette page), deux professeurs de l’ESSEC, Estefania Santacreu-Vasut et François Longin ont mis en lumière ce biais chez des investisseurs en soumettant leurs étudiants à un test : ceux-ci étaient amenés à prendre une décision sur un titre au moment où un changement de direction était annoncé. Il en ressortait que les étudiants masculins étaient plus enclin à acheter si le nouveau PDG était un homme (et vice versa pour les étudiantes soumises au test, qui préféraient, toutes choses égales par ailleurs, une « pédégère »). Il est d’ailleurs remarquable de constater que, chez Sycomore, la proportion de femmes dans l’entreprise est la même que la proportion de femmes « à l’étage de la direction ».

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Published by Newsfinance
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Sarah 17/02/2017 19:51

Pour ma part, je ne trouve pas que la finance est un métier macho ! D’ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi on associe quelques boulots à un genre spécifique !

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