Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 10:47

2009, an II de la Grande Crise. Toutes les valeurs financières continuent de plonger vertigineusement (-59 % pour Axa, -48 % pour Wendel, -44 % pour Société Générale depuis janvier). Toutes ? Non, car quelques-unes résistent à l'envahissante déprime des marchés.

Tenez, devinez qui caracole en tête de l'indice SBF120 depuis le début de l'année ? Surprise ! Une immobilière et une société holding, c'est à dire deux valeurs financières. Nexity a ainsi bondi de 43 % depuis janvier et Fimalac de 21 %.

Pour faire simple, le compartiment des valeurs financières se subdivise en trois sous-catégories :
les banques, qui, à force de recruter plus d'ingénieurs et de savants fous que de banquiers, ont fini en Frankenstein de la finance moderne, créant des monstres comme les subprimes et consors ;
les compagnies d'assurances qui, ne sachant plus quoi faire des milliards qu'elles collectaient, se sont laissées bercer par les douces promesses des banques d'affaires et ont acheté leurs produits toxiques ;
- les sociétés holdings et immobilières, qui se sont fortement endettées pour acheter des actifs qui se sont effondrés avec la crise.

Fimalac est un cas un peu à part. Il s'agit certes, techniquement, d'un holding, mais ses filiales opérationnelles sont concentrées dans l'univers des services financiers à destination des institutionnels : notation financière (Fitch Ratings) et gestion du risque financier (Algorithmics). Des thématiques dans l'air du temps, en quelque sorte. Mais cela ne signifie pas que les chiffres d'activité soient au beau fixe. Le chiffre d'affaires de Fimalac a ainsi reculé de 21,2 %, à 586,9 millions d'euros, sur l'exercice clos fin septembre 2008. Et le premier trimestre de l'exercice en cours n'a pas été plus réjouissant, avec des ventes affichant un nouveau recul (-19,7 %). Comment expliquer la bonne tenue boursière depuis janvier ? Sans doute par le fait que le titre, après un plongeon de 35,4 % en 2007 et de 52,3 % en 2008, était allé un peu trop bas ! Et par le versement, le 17 février d'un dividende de 1,50 euro par titre, soit un rendement d'environ 7 % pour qui a acheté le titre début janvier.

Le rebond constaté sur Nexity tient aussi du retour de balancier (le titre vaut moins de 16 euros, à comparer avec un plus haut de 70 euros en 2007). Mais il est aussi étayé par des considérations plus fondamentales. Nexity est un promoteur et finance donc des programmes immobiliers dans le but de les revendre. On comprend les risques du métier dans le contexte actuel : se retrouver à la tête d'un patrimoine immobilier qui ne trouve plus preneur et devoir rembourser les emprunts qui ont permis de le financer. Mais Nexity s'est imposé en 2008 une cure d'amaigrissement drastique : baisse des effectifs, réduction des lancements de programmes, abandon d'opérations, fermetures ou regroupements d'agences. Un programmes d'économies de 80 millions d'euros.

Et pour tenir compte de la nouvelle donne financière et de la fameuse restriction du crédit, l'entreprise s'est aussi séparée des bijoux de famille. Elle a annoncé le 29 janvier dernier la cession aux Caisses d'Epargne des 23,4 % qu'elle détenait dans le Crédit Foncier de France. Le prix de la transaction (539,6 millions d'euros) vient annuler presque exactement l'endettement de Nexity. Voilà donc une entreprise prête pour réaliser des opérations de croissance externe, qui pourraient concerner le pôle services (gérance immobilière, transactions).

Et puis, une société financière au bilan sain, c'est comme un cordonnier bien chaussé... c'est rare !

Partager cet article
Repost0

commentaires