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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 12:22

"Nous ne sommes pas sur un plateau de télévision." Selon l'hebdomadaire Challenges de cette semaine, c'est ainsi que Jean Pisani-Ferry a vertement répliqué à l'évocation par l'économiste Christian Stoffaës, le 8 avril dernier, d'une proposition de dévaluation de l'euro à la première réunion d'un nouveau think tank franco-allemand lancé par le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble. La question de la force de l'euro ne serait donc qu'un sujet pour plateau de télévision ? Il semble pourtant qu'elle mérite d'être posée, sans préjuger de la réponse à apporter.


Mais au fait, qui est Jean Pisani-Ferry ?  Réponse : le prototype même de cette France qui pense plus qu'elle n'agit. Fils de l'ancien ministre et commissaire européen Edgar Pisani, il est à la tête du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, qui a remplacé en 2013 à la fois le Centre d'analyse stratégique (lequel avait lui-même succédé au Commissariat général du plan) et le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale. Une fusion de machins dont il faudra m'expliquer ou me réexpliquer un jour à quoi ça sert.


Hormis cela, Jean Pisani-Ferry est directeur du think tank belge "Bruegel", membre du Cercle des économistes et du Conseil d'analyse économique, membre du conseil d'administration d'un autre think tank fondé par Jacques Delors (Notre Europe) et encore membre du conseil d'orientation du think tank "En temps réel". Bref, un vrai cumulard du jus de crâne, qui pense partout où on lui permet de penser. 

 

On peut se poser la question de l'intérêt à multiplier les think tanks si c'est pour y retrouver toujours les mêmes. Mais surtout, quel intérêt à penser autant si c'est pour en arriver à traiter de "sujet de plateau de télévision" un problème aussi pragmatique (à l'attention des penseurs d'origine française qui peuvent s'être glissés parmi mes lecteurs, je signale que le pragmatisme est une école philosophique qui consiste à s'intéresser à la réalité) que la vigueur de l'euro.

 

Des penseurs brillants qui prévoient ce que sera le monde dans 60 ans (des Jacques Attali, on n'en manque pas en France. Mais comme le réplique Maurice Biraud à Charles Aznavour dans le film Un taxi pour Tobouk, savoureusement dialogué par Audiard, "deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche". Et encore, au sein de la population française, le ratio intellectuels/brutes est beaucoup plus favorable aux premiers.

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Published by Newsfinance - dans Humeurs
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