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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 10:12

Après une croissance de 15% en 2010, l'éditeur de logiciels français a redit hier lors d'une conférence téléphonique qu'il tablait sur un niveau au moins égal en 2011, avec une rentabilité d'exploitation qui s'établirait entre 10 et 12%.

 

Certes, l'activité des éditeurs de logiciels (vente de licences) est par nature très sensible à la conjoncture économique, surtout lorsqu'on parle de sociétés comme  Cast, tournées vers les grandes entreprises du Fortune 500 ou du CAC40 et pour qui le montant unitaire d'une vente se situe couramment entre 500 et 700.000 euros. Rappelons d'ailleurs le différentiel de tendance très important pour Cast entre le troisième trimestre 2010 (doublement de l'activité) et le quatrième (une baisse de 22%).

 

Pour autant, les sociétés de logiciel vendent aussi des prestations de maintenance, par nature plus stables. "En 2010, nous avons facturé 8 millions d'euros de maintenance, contre 7 millions en 2009 et avec un taux de renouvellement en hausse, à 85%", a déclaré hier François Ruchon, directeur financier de Cast. Et pour 2011, il avance le chiffre de 10 millions d'euros, grâce à l'effet "croissance embarquée" des nouveaux contrats.

 

Désormais, les Etats-Unis ont dépassé la France dans le chiffre d'affaires de Cast, avec 45% du total, en conséquence notamment de la signature d'un partenariat avec IBM qui porte ses fruits. Voilà qui conforte la stature "globale" de la société, après un "difficile chemin" pendant pusieurs années, ainsi que le décrit le PDG, Vincent Delaroche. Cast dispose de cinq filiales étrangères (Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne) construites sur le même modèle : elle reversent 40% du chiffre d'affaires à la maison-mère française sous forme de royalties, le reste servant à leurs coûts de fonctionnement, surtout commerciaux. Ces filiales avaient une tendance au déficit ces dernières années mais en 2010, la filiale américaine a réussi à dégager un profit de 1,5 million de dollars. "Toutes nos filiales ont vocation à être à l'équilibre en 2011", avance Vincent Delaroche.

 

Après avoir annoncé un bénéfice net de 2,3 millions d'euros en 2010, la société se montre très confiance dans la poursuite d'une croissance bénéficiaire soutenue en 2011 : elle vise un chiffre d'affaires en hausse de 15 à 20% et une marge d'exploitation de 10 à 12%. Fait assez rare, le directeur financier a même communiqué une projection sur le niveau de trésorerie du groupe : il était de 4 millions d'euros à fin 2010 (net de dettes) et devrait représenter 8 millions d'euros en fin d'année 2011.

 

Pour autant, les actionnaires n'auront pas encore droit à un dividende, priorité étant donnée au développement commercial. "Nous avons un marché assez gigantesque à notre portée", souligne Vincent Delaroche. Ce marché, c'est celui de la mesure et de l'analyse de la qualité logicielle et il est porté par des tendances lourdes du marché, comme le "cloud computing" ou le "mobile computing", qui font que les infrastructures informatiques sont de plus en plus décentralisées, la "robustesse" des logiciels devenant un point toujours plus important.

 

Le marché de Cast est actuellement évalué entre 250 et 300 millions de dollars mais pourrait doubler d'ici quelques années, d'après les analystes de Gartner, Forrester et autres IDC. Chez Cast, on se félicite que ces gens reconnaissent la société comme un pionnier et un leader du marché. "Nous avons 2 à 3 ans d'avance sur la concurrence", affirme Vincent Delaroche.

 

Pas question donc de rogner sur la R&D. Si certains investissements commerciaux ont été décalés début 2010, alors que les doutes sur la reprise subsistaient, les frais de recherche-développement ont grimpé de 7%, à 5,7 millions d'euros.

 

Jusqu'ici exclusivement tourné vers les très grandes entreprises, le groupe commence à décliner son offre "vers le bas". Il va mettre en place une plateforme de services, pluas accessible financièrement, permettant d'ouvrir sa technologie au "mid market" (entreprise de 500 millions à 2,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires) et aux développeurs indépendants souhaitant tester leurs applications. Les projections sur cette nouvelle ligne métier sont encore trop floues pour que Cast se hasarde à donner des chiffres.Une chose est sûre : les coûts commerciaux engagés seront faibles, donc la rentabilité rapide en cas de succès de l'offre.

 

Après un début de journée timide hier, le titre avait fini la séance en hausse de 10,9%, dans un fort volume d'échanges. Il consolide à peine ce matin. En valeur d'entreprise, le titre se paye moins de 9 fois le bénéfice d'exploitation et 0,9 fois le chiffre d'affaires estimés 2011. Le titre vient de connaître une singulière réhabilitation boursière et sa course devrait ralentir en attendant la publication, le 2 mai, du CA du premier trimestre. Pour autant, sa valorisation ne semble pas exagérée, d'autant qu'une telle société fera un jour ou l'autre l'objet de convoitises de la part d'un géant du secteur. Comme ceux-ci ont les poches bien pleines, les valorisations montent très haut dès lors que l'acquisition est perçue comme stratégique. Un exemple ? Le rachat, annoncé en juin 2010, d'Exalead par Dassault Systèmes. Montant de la transaction : 135 millions d'euros, soit 8,4 fois le chiffre d'affaires 2009. Ca fait rêver, non ?

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Published by Newsfinance - dans Bourse
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