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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 18:31

C'est assurément le buzz réussi de ce début d'année. En se la jouant Steve Jobs du pauvre, le patron d'Iliad, maison-mère de l'opérateur de téléphonie Free, a su faire mousser au-delà de toute espérance son entrée tardive dans la téléphonie mobile. Reste à savoir où va Xavier Niel et surtout, combien vaut vraiment Free Mobile.

Une chose est sûre, la plupart des observateurs n'attendaient pas de la part du quatrième opérateur mobile une politique tarifaire aussi agressive. C'est notamment le cas des analystes de la Société générale, qui ont révisé leurs prévisions sur Free, tablant désormais sur plus de clients (2,54 millions à fin 2012, contre 1,7 millions précédemment, et 12,9 millions à fin 2020, contre 12,7 millions). Mais parallèlement, la banque table assez logiquement sur un revenu par abonné plus faible (15 euros par abonné et par mois en moyenne, contre 20 euros précédemment). Au total, ces deux effets contraires conduisent Société générale à tabler sur un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros en 2020 pour Free Mobile, contre 3,1 milliards précédemment. Le tout conduit le cabinet d'analyse à une valorisation de Free Mobile entre 15 à 20 euros par action  Iliad, avec un objectif de cours à 120 euros pour cette dernière.

Reste à savoir si faire des prévisions jusqu'à 2020 est vraiment bien raisonnable, ne serai-ce que pour une raison en forme de question: le capitaine Niel tiendra-t-il la barre jusque-là ? Rien n'est moins sûr. Certes, la politique tarifaire ultra-agressive était sans doute nécessaire pour créer l'événement dans un marché du mobile déjà très mûr, avec un taux d'équipement de population française... supérieur à 100% ! Mais elle indique peut-être aussi que l'objectif de Xavier Niel est de faire grimper rapidement le nombre de clients, sans réel souci pour la rentabilité du mobile. Car  Iliad, qui accuse les autres opérateurs de traire le consommateur, dispose d'une belle vache à lait avec l'activité haut débit, arrivée à maturité : 260 millions d'euros de résultat opérationnel courant au premier semestre 2011, soit 25% du chiffre d'affaires ! Cette stratégie de croissance de la base de Free Mobile au détriment des résultats financiers pourrait bien masquer une intention de cession de la société dans les deux ou trois années à venir, le groupe tablant sur le fait qu'un de ses concurrents, lassé de connaître une érosion des prix, mettra beaucoup d'argent sur la table pour sortir du marché un concurrent gênant.

Le pari, si c'est bien celui que tente Xavier Niel, est intéressant mais non dénué de risques. Et l'on a vu parfois des "buzzes" tourner au "bad buzz". Déjà, la presse s'est fait l'écho de certains problèmes de suivi chez  Free au lancement de l'offre mobile : hot line saturée, site internet en rade.  Free a-t-il été victime de son succès ou a-t-il sous-estimé la logistique de son entrée dans le mobile ? L'avenir le dira. Reste que la belle rentabilité affichée jusqu'ici sera remise en cause dans les prochains trimestres, ce qui pourrait rendre les investisseurs plus fébriles qu'auparavant. D'ailleurs, après les records touchés fin 2011, le titre  Iliad est en recul de 3% depuis le début de l'année et pourrait poursuivre sa consolidation. Il ne faut donc peut-être pas se ruer sur  Free, sur le plan boursier. Pour le reste, c'est à vous de juger !

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Published by Newsfinance - dans Bourse
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