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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 13:53

Alstom est une société privée, détenue par des actionnaires qui ne sont d’ailleurs pas seulement français. Mais non, l’Etat français s’escrime a vouloir considérer comme sa propriété ce qu’il  a jadis vendu. L’Etat ? Ou seulement un ministre ? Car il nous semble avoir entendu François Hollande dire, en Allemagne, à l’unisson de « Frau Angela » que le rachat éventuel d’Alstom par GE ou Siemens était avant tout une affaire d’entreprise. Et effectivement, si les fuites de Bloomberg sur les discussions GE-Alstom ont pu donner l’impression que Patrick Kron se jetait sur un coup de tête dans des bras américains, on peut sans doute reconnaître au bonhomme de ne pas être le dernier des imbéciles et d’avoir mûrement réfléchi avant de mener vers les eaux du Connecticut. Mais notre bon ministre de l’économie ne semble pas vouloir comprendre qu’un patron connaisse mieux sa boîte que lui, comme Don Quichotte ne comprenait pas que les moulins à vent ne fussent pas de bien dangereux ennemis.


Don Montebourg s’imagine en seul décisionnaire de la vie des entreprises françaises. Que Vivendi  ait l’audace de vouloir vendre SFR coûte que coûte à Numéricable et le voilà en train de ferrailler vaillamment au côté de Bouygues, défendant la solution la plus destructrice d’emplois en même temps que celle qui a le plus de chance d’être retoquée par Bruxelles pour cause de concurrence. Son coup d’essai se transforme en coup d’épée dans l’eau ? Qu’importe. Le preux chevalier de la Mancha retourne au combat pour défendre Alstom, ce « fleuron » français dont il semble parfaitement ignorer qu’il est dans une situation délicate. Il n’existe pas de droit de veto pour empêcher General Electric d’acquérir les activités énergie d’Alstom ? Mais créons-la, que diable ! Mieux vaut un Alstom allemand et malade qu’américain et en bonne santé. Et mieux vaudrait encore un Alstom français et mort qu’allemand et malade.


En inventant un veto « ad hoc » pour contrer GE, Montebourg ne va pas seulement à l’encontre de la loi, il fait preuve de ce qu’il faut bien appeler... de la bêtise. Donner l’impression que GE ne pourra pas l’emporter au moment même où le groupe se dit prêt de nouvelles concessions pour s’imposre face au camp allemand, c’est laisser Siemens dans le rôle du seul sauveur possible de notre fleuron qui perd ses boulons. Et du coup, le pouvoir de négociation change de camp. Et qui payera les pots cassés ? Les salariés français d’Alstom faisant doublon avec ceux de Siemens et n’ayant pas le puissant syndicat IG Metall derrière eux. En fait de patriotisme économique, on a vu mieux. Là, Arnaud Montebourg, ce n’est plus Don Quichotte, c’est le Gaston Lagaffe de l’économie.

 

Emmanuel Schafroth

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Published by Newsfinance - dans Humeurs
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