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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 12:53

"Comment Bompard compte séduire les investisseurs", titrait début juin le quotidien Les Echos. Plus avec de belles paroles que des chiffres, sans doute ! Car le patron de la FNAC a fort à faire pour convaincre le marché que sa société se retrouve en Bourse pour d'autres raisons que le simple fait que son propriétaire - l'ex-PPR, devenu Kering pour faire plus "luxe" - n'en voulait plus.

 

A la rubrique "chiffres clés" du site investisseurs de l'enseigne, certes emblématique mais en perte de vitesse, on ne trouve en fait que ceux qui sont présentables. Une manière de masquer que le chiffre d'affaires a reculé de 5,6% entre 2010 et 2012, pendant que le résultat net basculait d'un bénéfice de 108 millions d'euros à une perte de 116 millions. Cruelle réalité, pourtant "clé" pour le groupe !

 

Ajoutez à cela un contexte assez délétère pour la consommation et les concurrents Virgin Megastore déjà au tapis... on comprend la réaction du marché. Jugeant les 22 euros du prix d'introduction cher payé (on parlait pourtant de 25 euros avant l'introduction), il a fait chuter le cours à 19 euros dès le premier jour de cotation, le 20 juin, la hausse du lendemain ressemblant à ce que quelques vilains financiers appelle le rebond du chat mort : une remontée avant une rechute inéluctable, pour simplifier. Effectivement, cette semaine est meurtrière pour le titre, qui vient chaque jour tester de nouveaux plus bas. Déjà 23% de perte pour les soucripteurs de l'opération d'introduction en Bourse. Et le beau graphique prévu par le service communication financière de la FNAC comparant l'évolution du cours avec celle du CAC 40, auquel la société n'aura appartenu que deux jours, pour de simples raisons techniques, est pour l'instant peu flatteuse.

 

Pouvait-il en être autrement ? Si Alexandre Bompard clame que "la FNAC se doit d'avoir toujours une longueur d'avance dans l'innovation", les faits restent têtus. La liseuse électronique du groupe, le Fnacbook, a été lancée fin 2010 et connut un tel échec qu'elle dut être remplacée en 2011 par le Kobo. La liseuse Kindle d'Amazon a été lancée en 2007 et le géant américain de la distribution en ligne est maintenant un acteur sur le marché des tablettes numériques avec le Kindle Fire. Or, c'est bien avec Amazon, Apple et Google que le petite société française est aujourd'hui en concurrence.

 

Si Alexandre Bompard considère que les magasins sont la force du groupe, la question est de savoir s'ils ne sont pas surdimensionnés. Réduire le rayon disques au profit de l'électroménager design ou des loisirs créatifs pour enfants, pourquoi pas ? Mais le groupe reste sur une corde raide, entre un passé glorieux et un avenir incertain. Quant à l'image high tech et branchée sur laquelle la FNAC et son président semblent miser, ne lui a-t-elle pas déjà échappé ? Oui, décidément, cette intro a un arrière-goût un peu triste.

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Published by Newsfinance - dans Bourse
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