Comme le raconte
cet article de 01net, le patron-fondateur d'
Iliad a pronostiqué, lors de la réunion de présentation des résultats, une
hausse des tarifs de l'accès Internet de
l'ordre de 5 euros par mois d'ici la fin de l'année. S'il présente cette évolution comme "
généralisée", il ne faut pas être grand clerc pour y lire une prochaine augmentation des
tarifs de
Free et
Alice, les deux filiales d'
Iliad.
Cela peut sembler curieux alors que le groupe a depuis toujours fait son miel sur une stratégie
low cost, imposant à tous ses concurrents la règle du "
30 euros par mois tout
compris". Et surtout,
Iliad ne semble pas avoir besoin d'un tel coup de pouce, ayant
réalisé en 2009 un
bénéfice en progression de 75,2%, à 175,9 millions d'euros !
Iliad présente ce chiffre comme le signe du succès de l'intégration d'
Alice, racheté en 2008. Mais les choses ne sont pas si simples ! Même avec le rebond enregistré en 2009, la marge nette du groupe, à 9%, reste
sensiblement inférieure au niveau atteint en 2007 (12,4%), dernière année avant l'acquisition d'
Alice.
Et surtout, le modèle gagnant du groupe semble avoir quelque ratés. Au dernier trimestre 2009, sa part dans la conquête de nouveaux abonnés s'est réduite à la portion congrue face aux ogres
SFR et
Bouygues
(lire
notre article précédent).
Les chiffres à fin mars révéleront sans doute que
SFR est repassé devant
Iliad en nombre d'abonnés et
Bouygues, nouvel
entrant du marché, se montre particulièrement agressif.
Autant dire que
le profil de croissance du groupe est désormais fort dégradé, comme le soulignait récemment
Bryan Garnier (lire notre article "
La sorcière numéro quatre"). Et ce, au moment où
Iliad doit faire face à des
investissements importants : le plan 2006 d'
Iliad prévoyait
1 milliard d'euros d'investissements dans la fibre optique d'ici à 2012. Et il faudra encore
un autre milliard pour développer le mobile
! Dans ces conditions, la rentabilité risque d'être tirée vers le bas dans les prochaines années.
Pour 2010, le groupe affiche cependant sa confiance, prédisant une "
très forte augmentation" de ses bénéfices, malgré l'intensification de la concurrence. Etonnament,
Thomas Reynaud, directeur financier d'
Iliad, semble balayer d'un revers de la main
l'annonce par
France Télécom d'une offre "
quadruple play" (téléphonie fixe, mobile, internet,
télévision), arguant qu'elle ne "
répond pas aux attentes des abonnés". Pourtant, comment expliquer autrement le succès fulgurant de l'offre
Ideo qui a permis à
Bouygues de
convaincre plus de 300.000 clients en 2009.
Une chose est sûre. Le marché de base d'
Iliad commence à arriver à maturité alors que ses relais de croissance
ne sont pas encore en place et que la concurrence se renforce. 2010 sera
tout sauf une année de tranquillité !