Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 13:01

Avenir finance logoUn produit financier qui a délivré une performance nette d’inflation de plus de 7% par an depuis près de 30 ans et qui offre une garantie en capital, ça vous intéresse ? Oui ? Hé bien, vous avez sans doute tort ! C’est du moins l’avis défendu par Cyril Lureau, directeur général délégué d’ Avenir Finance.

 

Le produit dont nous venons de parler de manière un peu schématique, c’est le fonds en euros, star de la plupart des contrats d’assurance-vie du marché et généralement composé d’obligations à hauteur de 80% environ. Acheter une obligation, c’est prêter de l’argent à un Etat (dans le cas d’une OAT) ou à une entreprise (dans le cas des obligations dites « corporate »). Justement, dans le contexte économique actuel, « mieux vaut être emprunteur que prêteur », estime Cyril Lureau. A condition d’emprunter dans des conditions raisonnables, bien entendu !

 

Le conseil financier de Cyril Lureau, un brin plus subtil que celui d'Eric "Che" Cantona, n'est pas de retirer son argent des banques, mais de se détourner des fonds en euros, si vertueux dans les années passées, pour revenir vers les actions ou l’immobilier. En un mot, de se réorienter vers des des actifs réputés plus risqués.

 

Le point crucial, c’est que le risque n’est pas toujours où on l’attend. Depuis les années 1980, les Etats ont tendance à doper la croissance économique par le recours à l’endettement, la récente crise financière n’ayant fait qu’accentuer cette tendance de long terme. En moyenne, la dette publique représente désormais près de 80% du PIB, contre à peine plus de 20%. L’inquiétude des marchés financiers, qui se manifeste aujourd’hui à propos de pays comme l’Irlande ou le Portugal, ne peut donc pas être réduite aux spéculations de quelques traders fous. Elle témoigne du fait qu’on approche la limite d'endettement supportable.

 

Pas de mystère ! Les Etats développés vont devoir de plus en plus se focaliser sur les moyens de se désendetter. Pour cela, ils peuvent soutenir la croissance, synonyme de rentrées fiscales plus importantes, mais cette première hypothèse s’avère difficile à mettre en œuvre, car elle dépend beaucoup de la démographie, qui est vacillante en Europe, même si notre pays s’en sort mieux sur ce plan que l’Allemagne, par exemple. La deuxième possibilité pour les Etats est de réduire leurs dépenses, ce qui suppose des plans d’austérité qui peuvent se révéler périlleux. Cela conduit Cyril Lureau à envisager sérieusement les deux autres possibilités : le défaut de paiement (un Etat ne va rembourser que partiellement une ligne obligataire à ses créanciers !) ou l’inflation.  Un Etat développé qui ne rembourse pas la totalité de ses dettes, ça ne s'est pas vu depuis longtemps, mais cela était  fréquent au 19ème siècle, aime à rappeler Cyril Lureau. L'inflation, c'est sans doute plus discret, en effet, mais pas sans conséquences.

 

Selon Cyril Lureau, nous sommes bel et bien à la fin d’un cycle et les forces inflationnistes sont en train de retrouver leurs droits. « Même le phénomène de mondialisation, qui a jusqu’ici favorisé la baisse de l’inflation, commence à jouer en sens inverse, affirme-t-il. On voit ainsi des grèves en Chine se conclure par des hausses de salaires de 50 à 100%. »

 

Dans ce nouveau contexte, que devient notre « produit miracle » du début ? Comme la nouvelle réglementation dite Solvency II va obliger les assureurs, pour des raisons de ratios prudentiels, à diminuer la part consacrée aux actions dans leurs fonds en euros, la part obligataire va encore grimper. Si les rendements servis aux investisseurs ont jusqu’ici bien résisté, le moment est donc opportun pour se souvenir des mentions légales émaillant les brochures des organismes financiers : « les performances passées ne préjugent pas des performances futures ». Il ne faudrait pas s'étonner de voir votre fonds en euros ne servir qu’un maigre 3% à l’avenir. Si dans le même temps, l’inflation remonte à 5% ou plus, vous perdrez tout simplement de l’argent…  avec un produit à capital garanti.

 

Que faire ? Se concentrer sur des actifs « réels », c’est-à-dire liés au contexte économique, comme l’immobilier ou les actions. "Elles sont sous-évaluées de 28% au niveau actuel", estime Cyril Lureau, d'après un modèle fondé sur le rendement réel des actifs. Dans un contexte financier toujours perturbé, cela ne signifie évidemment pas qu’elles vont remonter en flèche, mais simplement qu’elle offrent encore un point d’entrée acceptable.

Partager cet article

Repost 0
Published by Newsfinance - dans Bourse
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Newsfinance
  • Newsfinance
  • : Petites et grandes nouvelles du monde de la finance : sociétés cotées, sicav, fonds, produits financiers,...
  • Contact

Recherche