Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 18:28

Il n'y a pas de fumée sans feu. Finalement, le dicton aura bien fonctionné dans le cas de Let's Gowex. A l'origine, une étude assez nourrie d'un mystérieux cabinet de recherche financière dénommé Gotham City Research, publiée le 1er juillet, avait plombé le titre de l'opérateur espagnol de réseaux wifi Let's Gowex en fixant un objectif de cours à zéro euro et en accusant la société de publier des revenus en grande partie fictifs.

 

La dégringolade boursière n'avait finalement été interrompue que par une suspension du titre, coté notamment sur Alternext et le marché alternatif espagnol, après 60% de baisse du titre. Il est vrai que les dénégations initiales de la société semblaient bien timides tandis que certains arguments avancés par l'étude, fût-elle entachée d'erreurs, étaient assez troublants, à commencer par le fait qu'au moment de l'introduction en Bourse de Let's Gowex, le premier client du groupe était aussi son premier fournisseur.

 

Depuis la publication de ce document, les forums boursiers s'enflammaient sur le thème de la sincérité ou pas des comptes de Gowex, à grand renfort d' "infos" tirées de sites espagnols, traduites automatiquement avec l'aide de Google au point de devenir parfaitement incompréhensibles et interprétées par les auteurs des posts dans le sens qui les arrangeait : à charge contre la société pour ceux qui avaient déjà vendu ou à décharge pour ceux qui restaient actionnaires. Parmi ces chefs d'oeuvre de mauvaise foi, on a pu ainsi lire que le  fait que EY refuse de participer à l'audit des comptes de la société signifiait que le cabinet "assumait" lesdits comptes, alors qu'il s'affirmait tout simplement en conflit d'intérêt.

 

Un véritable festival d'intox que les déclarations du PDG de Gowex, ce dimanche, devrait interrompre. Jenaro Garcia Martin a en effet avoué que les comptes étaient falsifiés et a démissionné de son poste. La question demeure de savoir comment une telle fraude a pu durer pendant des années. Elle n'est pas sans rappeler la faillite du spécialiste belge de la synthèse vocale Lernout & Hauspie en 2001 après qu'un analyste de Goldman Sachs ait mis en doute la sincérité des revenus. Plus récemment, en France, c'est LoyalTouch (ex-Initiatives & Développement) qui a défrayé la chronique en faisant faillite fin 2010 après avoir levé plus de 80 millions d'euros en Bourse. Comme Let's Gowex, la société avait "démontré" une croissance quasi-miraculeuse, avec un chiffre d'affaires passant de 4,3 millions à plus de 300 millions d'euros en l'espace de deux exercices. Autre point commun : la société était cotée sur Alternext, un marché peu réglementé.

 

Reste maintenant à connaître la situation financière exacte de Gowex, mais il est fort probable que le titre suspendu la semaine dernière ne recotera jamais, la société étant sur le point de déposer son bilan. La pépite technologique espagnole n'était qu'une coquille vide.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Newsfinance - dans Bourse
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Newsfinance
  • Newsfinance
  • : Petites et grandes nouvelles du monde de la finance : sociétés cotées, sicav, fonds, produits financiers,...
  • Contact

Recherche