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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 17:04

L'offre publique d'achat (OPA) lancée par la société belge SiegCo sur la SSII Valtech a reçu le 13 novembre le visa de l'Autorité des marchés financiers. Libellée à un cours supérieur de 14,3% seulement au dernier cours coté avant l'annonce d'intention, elle n'est guère généreuse. Mais faut-il pour autant jouer un éventuel relèvement ?

Cet après-midi, le titre Valtech s'échange à 0,41 euros (à comparer à un prix d'offre de 0,40 euros) et il avait même grimpé jusqu'à 0,44 euro le 30 octobre, jour de la recotation. Le marché, en apparence du moins, semble jouer un relèvement de l'offre ou une surenchère venue d'un autre acteur. Tentons donc une analyse sommaire de la situation. Tout d'abord, remarquons que, même si l'un de ses actionnaires, Laurent Schwarz, est un des fondateurs d'Altenle prédateur est une société d'investissement et non un concurrent de Valtech. Son intention est claire : prendre à bon prix le contrôle capitalistique et opérationnel d'une société qui n'a jamais su dégager une rentabilité satisfaisante (et génère des pertes cette année) pour tenter de la redresser.

Dans la note d'offre visée par l'AMF, SiegCo ne se prive pas de pointer du doigt un "historique de sous performance significatif" et des résultats régulièrement "inférieurs aux objectifs", ce qu'il explique par deux facteurs : l'absence d'actionnaire de contrôle et des erreurs stratégiques mutiples (diversification internationale désordonnée, offres "éparpillées"). Pour dire les choses clairement, le prédateur considère que les problèmes de sa cible viennent d'un management qui fait n'importe quoi... et qu'on laisse faire n'importe quoi ! On ne s'étonnera pas que Valtech ait accueilli cette offre comme hostile...

Cette situation ne plaide pas pour un relèvement de l'offre, dans la mesure où il n'y a pas ici une logique industrielle (accroitre une part de marché, par exemple), mais une logique de plus-value (acheter à bas prix, redresser, puis revendre). Si l'offre ne rencontre pas le succès escompté, SiegCo pourrait d'ailleurs préférer renoncer à sa prise de contrôle plutôt que de payer trop cher. Au 13 novembre, le holding détient près de 4,6 millions de titres Valtech, ce qui lui a coûté moins de 2 millions d'euros. Compte tenu de la bonne liquidité de l'action (près de 10 millions de pièces par mois, en moyenne), il peut même espérer sortir rapidement et - pourquoi pas ? - avec une plus-value à la clé, l'offre ayant "réveillé" le titre.

Quant à l'hypothèse d'une offre tierce, elle semble improbable. Un prédateur financier n'aurait sans doute pas le temps de monter son dossier avant la fin de l'offre de SiegCo, prévue au plus tard le 8 janvier prochain, et on imagine mal un acteur industriel venir mettre son grain de sel dans ce dossier compliqué à un moment où la conjoncture reste peu lisible. Et ce d'autant plus que SiegCo détient plus de 5% du capital et est d'ores et déjà le premier actionnaire de Valtech !

Après cela, une question demeure... pourquoi le titre cote-t-il au-dessus du prix d'offre s'il y a si peu d'espoir d'un relèvement du prix ? La réponse est peut-être tout simplement que SiegCo continue d'acquérir des titres sur le marché, afin de prendre le contrôle de Valtech y compris en cas d'échec de l'OPA. Là encore, son oeuvre est facilitée par la bonne liquidité (le volume atteint déjà 1,4 millions de titres aujourd'hui !).

Et puis, après tout, il n'est peut-être pas idiot d'acheter du Valtech pour jouer la réussite de l'OPA. Un actionnaire de contrôle capable de piloter le redressement, c'est sans doute, en effet, ce qui manque au titre pour sortir de ce statut de penny stock éternel !

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Published by Newsfinance - dans Bourse
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