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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 14:46

Si les sociétés de jeux en ligne avaient le droit de proposer aux internautes de miser sur les politiques, notre président aurait une sacrée cote d'outsider.

 

Alors que la reprise du journal Le Monde a fait couler beaucoup d'encre, il ne fait pas de mystère que Nicolas Sarkozy a oeuvré en coulisses pour que France Télécom entre dans la bataille. Las, c'est dans le giron de BNP que le quotidien du soir devrait bientôt se retrouver. BNP ? Il ne s'agit évidemment pas de la banque bien connue mais du trio constitué de Pierre Bergé, Xavier Niel (patron de Iliad/Free) et Mathieu Pigasse.

 

On n'assistera donc pas à ce mariage de la carpe et du lapin qu'aurait été la reprise d'un groupe de presse surendetté par un opérateur de télécoms qui a lui-même mis des années à résorber le passif excessif contracté à la folle période de la bulle Internet. Tant mieux, sans doute, pour les actionnaires de France Télécom, même si les 25,2 millions d'euros de pertes générées par le groupe Le Monde en 2009 sont une goutte d'eau à l'échelle de sa propre rentabilité, désormais redevenue solide.

 

Fin de l'histoire, donc. Reste que cette manipulation élyséenne pour tenter de mettre sous tutelle le journal pose certaines questions de déontologie politique. Il y a en effet dans cette affaire une double confusion. D'un côté, il semble que Nicolas Sarkozy ait en la matière - serait-ce une habitude ? - confondu ses intérêts personnels (faire la nique à Xavier Niel, ennemi de son ami Martin Bouygues) et ceux de l'Etat qu'il est censé incarner.

 

La deuxième confusion porte sur le statut de France Télécom lui-même. Le pouvoir politique se comporte comme s'il ignorait que l'essentiel du capital de l'opérateur historique a été vendu, au fil des années, à des intérêts privés. Certes, L'Etat, en direct et via le Fonds stratégique d'investissement, reste le premier actionnaire du groupe, mais il est... minoritaire !

 

Une opération aussi discutable stratégiquement et financièrement (la presse n'est pas véritablement le métier de France Télécom et Le Monde ne va pas bien !) est l'affaire de TOUS les actionnaires de l'opérateur, qui n'est PLUS une société étatique.

 

Nicolas Sakozy s'était auto-proclamé candidat de la rupture pour se faire élire, mais certaines habitudes ont la vie dure dans notre pays ! Et son intervention malheureuse dans le dossier du Monde révèle surtout une profonde méconnaissance de l'affaire. Dans le schéma capitalistique fort complexe du journal, ce sont en définitive les salariés qui décident. Et ceux-ci se sont fait un malin plaisir de choisir le candidat honni par l'Elysée.

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Published by Newsfinance - dans Humeurs
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commentaires

meuble laqué 06/07/2010 16:49


Bon billet, grand merci à vous pour ces astuces, et je \"plussoie\" ce point de vue ! Euh voilà tout est dit, oui votre article est bien bon, etplus particulièrement pour les débutants. Vivement la
suite !


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