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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 17:01
HF Company est entré sur le marché de l'internet haut débit en 2005, via le rachat de la société LEA, qui commercialise des splitters ADSL, intervenant dans la construction des réseaux haut débit, auprès de grands équipementiers et opérateurs de télécommunication. Une petite révolution dans le business de HF Company, dont les autres marchés sont directement tournés vers le consommateur final et sont vendus dans les linéaires de la grande distribution. Ce marché a énormément souffert fin 2008, mais les derniers mois montrent un retour progressif à la normale. Voici ce qu'en dit Yves Bouget, PDG de HF Company.

>> l'entretien numéro 2 >>


YvesBouget06
newsfinance.fr : LEA, que vous avez racheté en 2005, est le leader mondial sur le marché professionnel des filtres pour réseaux haut débit. Comment se porte ce marché ?

Yves Bouget : Mieux, même si nous restons prudents. Rappelons que le marché avait été très affecté par la crise fin 2008 : alors que nous facturions auparavant quelque 800.000 euros par mois aux Etats-Unis, le chiffre d’affaires est tombé à zéro au dernier trimestre 2008. Du jamais vu ! Au second semestre 2009, nous avons observé un retour graduel de la croissance qui s’est accentué au quatrième trimestre (+20%). Cela est essentiellement du aux Etats-Unis, où la reconstitution des stocks est observée mois après mois. Mais le passé récent nous incite à ne pas crier victoire trop vite : il n’est pas du tout certain que 2010 marque un vrai retour de la croissance, même si, à moyen terme, les investissements dans les télécommunications devraient poursuivre une tendance haussière.

newsfinance.fr : Justement, ce marché des réseaux ADSL reste-t-il fondamentalement un marché de croissance ?

Y.B. : Pas vraiment. Schématiquement, 400 millions de lignes ADSL ont été construites dans les 9 dernières années et il en reste 600 millions à faire, notamment dans les pays émergents, qui représentent un potentiel important. Les volumes sont toujours en croissance à moyen terme, mais ils sont compensés par les baisses de prix. Donc, on est plutôt sur un marché à croissance nulle. Nous avons signé de nouveaux contrats avec des clients comme Sagem ou Thomson et, surtout, maintenu la recherche-développement, car un nouveau marché se développe... le VDSL.

newsfinance.fr : A quoi correspond ce marché ?

Y.B. : Historiquement, les réseaux haut débit se sont développés sur la technologie ADSL, c’est-à-dire une technologie asynchrone. En clair, on peut recevoir beaucoup plus de données qu’en émettre. Dans la réalité, l’ADSL permet des débits de l’ordre de 5 mégabits/seconde. Pour monter à des très hauts débits, supérieurs à 100 mégabits/seconde, il faut passer à la fibre optique, ce qui est très coûteux. Depuis deux ans se développe une solution intermédiaire, le VDSL, qui permet de dégager des débits de 40 à 50 mégabits/seconde. Nous pensons donc que cette technologie a des chances de se développer et les Etats-Unis commencent à nous donner raison : c’est bien le VDSL que nous installons actuellement chez un opérateur comme Verizon et cette nouvelle technologie représente déjà 20% du chiffre d’affaires de LEA. Après les Etats-Unis, certains pays d’Europe y viennent et nous voyons un potentiel important dans les pays émergents (Amérique du Sud, Inde, Afrique).

newsfinance.fr : En France, on parle plutôt de fibre optique. Ne risque-t-on pas de faire basculer directement les réseaux à cette technologie permettant des débits encore supérieurs ?

Y.B. : Ce serait à mon sens une erreur historique. Le besoin de mettre en place une technologie se juge par l’usage. Or, les débits obtenus par le VDSL sont amplement suffisants pour les besoins de la télévision numérique, y compris haute définition. Et surtout, il est beaucoup moins onéreux de transformer un réseau ADSL en VDSL que de construire un réseau de fibre optique, ce qui nécessite du génie civil. Songez que le différentiel de coût entre les deux solutions est de 1 à 12 environ !

Au-delà des effets d’annonce, on voit que les opérateurs télécoms sont peu enclins à développer les réseaux de fibre optique promis. Avec une part de marché de 35% dans le monde dont moins de 1% de son activité en France, LEA est très peu dépendant des choix technologiques français.

Propos recueillis par Emmanuel Schafroth



RDV demain à 17h pour découvrir un deuxième métier de HF Company, promis à une croissance raisonnable en 2010.

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Published by Newsfinance - dans Bourse
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