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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 09:40

Dans les yachts de luxe, le linge sale, ça se lave en famille.

Placé en redressement judiciaire début avril, le constructeur Couach vient ainsi d'annoncer son intention d'action en dommages contre un de ses repreneurs, Arcoa, dont le nom est la contraction des mots Arcachon et de... Couach. Autant dire que les deux sociétés sont quelque peu consanguines...

Ce que Couach reproche à Arcoa, c'est d'avoir fait usage à son propre profit de documents obtenus dans le cadre de la constitution de son dossier d'offre. Avant même que le tribunal ait pris une décision, Arcoa aurait ainsi proposé à des tiers la vente à prix cassés d'actifs de Couach.

Afin de financer l'opération de reprise, Arcoa, inscrit au marché libre, a lancé début mai une augmentation de capital de 2,5 millions d'euros, tentant ainsi de profiter de son statut de société non cotée sur un marché réglementé pour  lever de l'argent à l'approche de l'échéance du 15 juin  (c'est la date jusqu'à laquelle les contribuables à l'ISF peuvent décider d'économiser de l'impôt en investissant dans des sociétés non cotées).

Le Tribunal doit se prononcer aujourd'hui sur le dossier : parmi les autres repreneurs déclarés, le cabinet Bernard Krief Consultants, qui a récemment repris DMC, mais aussi Fabrice Vial, président du groupe de menuiserie éponyme. Pas de quoi rassurer les actionnaires si l'on en juge par le parcours boursier de Vial !

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 21:10

La part d'audience nationale de TF1 s'est établie à 25,5% au mois de mai 2009, contre 26,3% en avril et 27,2% en mai 2008.

Le déclin de la "Une" se confirme donc en ce printemps 2009. Il s'explique bien évidemment par la poussée des chaînes gratuites de la TNT, qui représentent désormais 14,6% de l'audience du PAF, contre 11,2% un an avant.

En revanche, M6 confirme sa bonne résistance, avec une part d'audience de 11,2% en mai, soit un niveau similaire à mai 2008. Et surtout, entretemps, sa chaîne TNT, W9, a vu son audience passer de 1,8 à 2,4%, flirtant ainsi avec celle de TMC (2,5%), co-contrôlée par TF1 et AB Groupe.

Voilà qui peut expliquer la surperformance boursière de M6 sur TF1 depuis un an :  le titre a reculé de seulement 10,8% sur la période, contre une baisse de 33,1% pour la "Une".

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 10:55

Ubisoft défend depuis quelques années déjà sa vision stratégique sur la convergence en cours entre son métier et le cinéma. Mais l'éditeur de jeu s'intéresse aussi à ce qui est connu comme le neuvième art... la bande dessinée.

Lors d'une conférence de presse à l'E3 hier, la grand-messe du jeu vidéo à Los Angeles, Yves Guillemot, Pdg d'Ubisoft, a ainsi annoncé l'acquisition d'une licence pour développé une série de jeux basée sur un célèbre petit reporter... Tintin ! Le projet est coordonné avec l'adaptation cinématographique des aventures du héros de Hergé par la Paramount, et le studio montpelliérain d'Ubisoft travaillera ainsi main dans la main avec le réalisateur - un certain Steven Spielberg - et le producteur Peter Jackson. Ce dernier, qui a notamment réalisé la trilogie du Seigneur des Anneaux, n'est pas un inconnu  chez Ubisoft : c'est lui qui avait réalisé le film King-Kong (2005), film sur lequel était basé le jeu sorti par le groupe français à l'époque (5,5 millions de copies vendues).

On saluera l'effet d'annonce, mais sans escompter d'effet sur l'exercice en cours : le premier opus de la trilogie (Le Secret de la Licorne) ne sortira en effet qu'au dernier trimestre 2011.

En revanche, on peut noter trois bonnes nouvelles pour 2009/2010. Tout d'abord, un nouvel "avatar" des amours d'Ubisoft avec Hollywood ! Avatar, c'est le nom du jeu qu'Ubisoft va sortir sur la base du film de James Cameron (Titanic), qui est en phase de post-production et sortira à Noël ! Le coût du jeu sera conséquent (entre 20 et 30 millions de dollars, soit 10% du budget du film) mais il pourrait se vendre à quelque 4 millions de copies !

Deux autres blockbusters sont annoncés chez Ubisoft pour l'exercice en cours, avec la deuxième mouture du célèbre Assassin's Creed (voir photo), dont la première version s'est vendue à 8 millions d'exemplaires, et le jeu d'espionnage Splinter Cell Conviction.

Ubisoft s'attend à vendre sur l'exercice 7 millions de "boîtes" sur ces deux titres cumulés : des ambitions que l'analyste d'Aurel ETC Pollak juge bien modestes, tablant pour sa part sur 7 millions pour le premier et 3 milions pour le second. En découlent une anticipation de chiffre d'affaires 2009/2010 nettement au-dessus de l'objectif officiel d'Ubisoft: 1,26 milliard d'euros, contre 1,1 milliard. Et l'analyste d'anticiper un bénéfice net annuel en hausse de 65%, à 108,4 milions d'euros.

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 13:12

Le titre Peugeot salue dignement l'arrivée de son nouveau dirigeant. C'est en effet aujourd'hui que prend effet la nomination de Philippe Varin au poste de président du Directoire, en remplacement de Christian Streiff, remercié fin mars.

Avec une hausse de 7%, à 22,80 euros (vers 13h10), Peugeot mène la hausse du CAC40 aujourd'hui. Son nouveau dirigeant a fait ses preuves en redressant le sidérurgiste Corus et arrive dans une entreprise confrontée à des enjeux stratégiques majeurs et au risque de se retrouver marginalisé dans un paysage automobile mondial en pleine recomposition.

Si les investisseurs sont aussi euphoriques sur le titre aujourd'hui, c'est sans doute en raison de l'appétit d'ogre démontré par Fiat ces dernières semaines : le groupe italien va devenir l'actionnaire de référence de l'américain Chrysler et a également tenté, sans succès, de racheter Opel/Vauxhall.

Ces derniers jours, les rumeurs d'un rachat de Peugeot par Fiat, qui est déjà son partenaire industriel, refont donc surface. Elles avaient déjà couru en début d'année : le 22 janvier dernier, le titre avait ainsi gagné jusqu'à 11,3% en séance, avant d'inscrire en clôture un repli de 7,2% consécutif à un démenti de l'Italien.

On les considérera donc, cette fois encore, avec prudence. La situation dramatique des constructeurs américains a en effet créé des opportunités dont Fiat s'est logiquement saisi. Le fait qu'un constructeur comme Peugeot soit en meilleure forme laisse aussi entendre que le prix à payer pour mettre la main dessus soit aussi plus cher.

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 08:50

Un chapter eleven chasse l'autre. Ce fameux "chapitre onze" est celui du code américain de la faillite. Equivalent du redressement judiciaire ici-bas, il permet à une entreprise en difficultés de se mettre temporairement à l'abri de ses créanciers.

Dans l'automobile américaine, cela devient une habitude... mais cela permet une restructuration accélérée des entreprises. Placé sous protection le 30 avril dernier, le troisième constructeur américain, Chrysler, devrait en sortir dans les jours qui viennent suite à l'approbation d'un plan de reprise par un consortium d'investisseurs emmené par Fiat, qui contrôlera 20% du capital.

Pour General Motors, la date du 30 avril représentait le début d'un compte à rebours de deux mois, celui du temps laissé au premier constructeur national pour trouver tout seul une suite à son histoire.

Le temps imparti est désormais écoulé et GM, à son tour, va être mis ce matin, probablement vers 8h (heure de l'est des Etats-Unis) sous la protection du Chapitre onze.

La procédure ouvre la voie à une prise de participation majoritaire (environ 60%) de l'Etat américain. Comme pour Chrysler, elle devrait être de courte durée (deux à trois mois), du moins pour les actifs viables de GM (les marques Chevrolet, Cadillac, Buick, GMC), logés dans un "Nouveau General Motors", dont les créanciers recevront une part. Elle pourrait prendre plus de temps pour les actifs problématiques (Pontiac, Saturn, Hummer, Saab).

Une solution a d'ores et déjà été trouvée pour la branche européenne historique du groupe américain (l'allemand Opel et l'anglais Vauxhall) : ils vont être repris par l'équipemetier canadien Magna, soutenu par des investisseurs russes !

Ce petit jeu de meccano mondial laisse la fière industrie automobile américaine, jadis connue pour ses voitures au capot interminable, un genou à terre. Les arrogants 4x4 de luxe Hummer réduits au rang d'actifs toxiques... qui l'eût cru ?

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:08

Il existe des sociétés cotées dont les communiqués ne laissent jamais la Bourse indifférente. C'est le cas de Hi-Media, qui a nettement rebondi hier peu après avoir annoncé, mardi soir, le lancement officiel de son porte-monnaie électronique Hipay. Une nouvelle qui était pourtant déjà connue.

Le titre a ainsi terminé la séance de vendredi en hausse de 6,2%, à 3,75 euros, son plus haut niveau annuel. Depuis janvier, l'action du groupe internet a progressé de 133%, effaçant ainsi la descente aux enfers subie à partir de septembre 2008.

Sans apporter de nouvelles révolutionnaires sur la société ou son produit Hipay, le communiqué publié mardi apporte quelques précisions intéressantes. Rappelons que Hipay est un porte-monnaie électronique que le groupe a pu lancer à la suite de l'agrément bancaire qu'il a obtenu en Belgique et qui est transposable dans les autres pays européens grâce au "passeport européen" dont il bénéficie.

Pour l'heure, Hipay est disponible en France (où Hi-Media réalise plus de 80% de son chiffre d'affaires) et en Belgique, bien sûr. Ce concurrent de Paypal, le produit d'eBay, apporte quelques innovations fonctionnelles, comme la gestion multi-comptes ou le filtre parental. Elles permettent par exemple à un parent d'attribuer de l'argent de poche électronique à ses enfants et de contrôler sur quels sites ils en font usage.

Alors que Hi-Media révèle qu'une dizaine de sites internet ont déjà mis en place sa solution Hipay quelques semaines après le lancement, il est intéressant de constater que ces premiers clients appartiennent à des univers très différents.

On ne sera pas surpris d'y trouver nexway.com, leader européen de la distribution de jeux vidéos en ligne (30 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008) ou taatu.com,  univers virtuel pour adolescents qui tire une part de ses revenus de la vente de goodies (petits objets virtuels). Mais, si c'est souvent sur les sites de jeux ou les sites "adultes" qui sont équipés de systèmes de micro-paiement, la présence du site d'information backchich.info parmi les premiers clients de Hipay démontre que l'univers d'application de la solution est bien plus vaste.

Confrontés à un marché publicitaire difficile, les médias, y compris les médias en ligne, sont contraints de réfléchir à l'évolution de leur modèle économique. La fin du tout-gratuit sur internet ? Sans doute.

D'ailleurs, la branche micro-paiement de Hi-Media n'a-t-elle pas généré près de 75 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier ? Sa solution Allopass équipe quelque 250.000 sites internet... une base qui devrait faciliter le déploiement de Hipay.

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 18:10

En sa qualité de gérant de la société en commandite par actions Lagardère, Arnaud Lagardère a été auditionné aujourd'hui par la brigade financière, a annoncé ce soir le groupe de médias.

 

Il s'agit du dernier avatar en date de l'affaire EADS. En vue de se désengager partiellement du groupe aéronautique, Lagardère avait en effet émis en 2006 une obligation remboursable, en trois échéances (2007, 2008, 2009) en actions EADS, l'opération portant au total sur 7,5% du capital.

Peu après, on apprenait un retard conséquent du projet de super gros-porteur A380, ce qui provoquait la chute du titre EADS. D'où les soupçons d'un délit d'inité qui aurait amené à une survalorisation manifeste d'EADS lors de l'émission de l'obligation.

Le communiqué de ce soir précise que l'audition d'Arnaud Lagardère n'a pas été suivie d'une mise en examen de Lagardère SCA.

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 14:22

C'est un message assez fort que le gouvernement a envoyé en rachetant 8% du spécialiste de la carte à puce Gemalto, via le Fonds stratégique d'investissement (FSI).

Le FSI a racheté 8% de la société de technologie pour 160 millions d'euros, un prix qui correspond à la valorisation boursière actuelle de Gemalto. Voilà qui revient en quelque sorte à hisser au-dessus de l'entreprise un étendard tricolore avec la mention "pas touche !", l'Etat Français devenant ainsi un actionnaire de référence de la société, aux côté de la famille Quandt.

L'opération est d'autant plus symbolique que les titres ont été rachetés auprès du fonds américain Texas Pacific Group (TPG), entré au début de la décennie au capital de la société Gemplus, laquelle a ensuite fusionné avec Axalto pour former Gemalto. Or, on se souvient du scandale Gemplus, qui avait éclaté alors que l'actionnaire TPG, dirigé par David Bonderman, un homme lié au secteur de la sécurité nationale aux Etats-Unis, avait tenté de transférer des laboratoires et leurs équipes aux Etats-Unis, à l'insu du propre Pdg de Gemplus, Marc Lassus.

Cette affaire aux mutiples rebondissements est à l'origine du vent de méfiance qui s'est ensuite développé en Europe à l'égard des grands fonds américains comme TPG ou Carlyle.

L'investissement du FSI est donc, on le voit, hautement sympbolique et vise à sécuriser une technologie, celle de la carte à puce, dont le marché est mondial, ainsi qu'une entreprise qui, par ailleurs, semble démontrer des vertus anti-crise.

Gemalto a ainsi généré un bénéfice net de 112 millions d'euros en 2008, versus une perte de 50 milions en 2007. Et, malgré un chiffre d'affaires en recul de 5,4% au premier trimestre 2009, du fait d'un recul attendu de l'activité "téléphonie mobile", l'entreprise a renouvelé son objectif de 10% de marge opérationnelle ajustée en 2009, soit un niveau simiaire aux 10,1% enregistrés en 2008.

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 09:56

Après la publication par SII d'un très bon chiffre d'affaires annuel il y a 15 jours, on attendait des bénéfices en haut de la fourchette de prévisions. C'était sans compter la hausse du taux d'inter-contrats, qui a pénalisé les marges sur l'exercice clos fin mars. Mais la rentabilité de l'entreprise reste très satisfaisante.

Le modèle traditionnel des sociétés de services informatiques est de recruter des ingénieurs, puis de louer leurs compétences pendant un certain nombre de jours aux sociétés clientes. De ce modèle découlent deux indicateurs-clés du secteur : le TJM et le taux d'inter-contrats. Le TJM (taux journalier moyen) est le prix moyen que la société de services facture pour une journée de travail d'un de ses ingénieurs; le taux d'inter-contrats mesure la proportion de jours de travail des salariés de la SSII qui n'a pas pu être facturée au client, car le salarié n'était pas en mission.

Bien gérer cet indicateur est un facteur essentiel de la rentabilité d'une SSII : c'est relativement aisé en période de boom économique puisque, d'une part, les contrats sont plus nombreux, et que, d'autre part, les salariés sont plus mobiles. En revanche, le taux d'inter-contrats peut augmenter très rapidement en cas de retournement brutal de la conjoncture, ainsi que l'a montré récemment le cas du secteur automobile, où les projets ont été stoppés net, au grand dam des prestataires (voir notre article précédent : SII... petit, mais costaud !).

L'exposition relativement faible de SII à ce secteur n'a pas empêché le taux d'inter-contrats constaté d'augmenter sur l'exercice clos fin mars 2009, mais du moins reste-t-il à un niveau tout à fait supportable : il s'est établi à 5,7%, contre 4,8% sur l'exercice précédent.

Cette évolution a eu un impact sur la rentabilité : la marge d'exploitation est ainsi en recul de 0,7 point sur l'exercice, à 7,3% du chiffre d'affaires. Un niveau que certains autres acteurs du secteur rêveraient d'égaler, surtout que SII a connu une croissance deux fois plus forte que son secteur (16% à périmètre constant), ce qui permet au bénéfice net d'afficher une hausse symoblique en valeur absolue (+2,6%, à 8,2 millions d'euros).

Cette croissance a été dopée par l'essor à l'international d'un groupe longtemps resté purement franco-français. Les activités à l'étranger ont été multipliées par 3,5 en un an et représentent désormais 5,4% du chiffre d'affaires total. Ce sera beaucoup plus sur l'exercice en cours du fait de l'intégration, à compter d'avril 2009, de la société espagnole Concatel (13 millions d'euros de facturations en 2008).

Ce matin, la Bourse a accueili sereinement ces résultats : le titre est stable, dans un marché assez nettement baissier.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 14:55

Une bonne résistance, mais peu de visibilité ! Voilà en substance la situation dans laquelle se trouve Pierre & Vacances, qui publiera le 28 mai des résultats semestriels qu'on suivra avec attention.

On connaît d'ores et déjà le chiffre d'affaires de la période (octobre 2008-mars 2009). Il s'est établi à 613,1 millions d'euros, en progression de 2,6% à données comparables. Cette évolution résulte d'une légère érosion (-0,8%) du chiffre d'affaires tourisme (78% de l'activité, principalement via les enseignes Pierre&vacances, Maeva et Center Parcs), compensée par un dynamisme de la branche "développement immobilier"+17,1% sur le semestre !

Cette dernière activité devrait continuer à afficher de bonnes performances, grâce au stimulus fiscal de la loi de finances rectificative pour 2009 (extension de la loi Scellier aux résidences de tourisme).

Mais quid de l'activité de location de vacances ? L'an dernier, en publiant ses résultats semestriels, le groupe avait donné un objectif clair sur l'exercice 2007/2008, anticipant un résultat opérationnel courant annuel compris entre 95 et 100 milions d'euros, objectif qui allait d'ailleurs être dépassé. Mais, cette année, certains analystes estiment que Pierre & Vacances ne sera pas en mesure de chiffrer ses ambitions.

Lors de la dernière publication, le 16 avril dernier, le groupe indiquait que les réservations touristiques enregistrées étaient "insuffisamment significatives pour extrapoler le chiffre d'affaires du deuxième semestre."

 

Reste à savoir si la visibilité s'est améliorée un mois plus tard, ce qui n'a rien d'évident. Ce n'est pas tant que les vacanciers arrêtent de voyager à cause de la crise, mais ils ont de plus tendance à se décider au dernier moment, plutôt que de prévoir longtemps à l'avance leur destination. Or, l'activité du deuxième semestre (avril-septembre) est déterminante, puisqu'elle représente en moyenne près de 60% du chiffre d'affaires annuel, le premier semestre affichant traditionnellement une légère perte.

Le raccourcissement du délai moyen de réservation et le manque de visibilité qui en résulte ne sont pas l'apanage de Pierre & Vacances et touchent l'ensemble du secteur : Club Med a ainsi fait état fin avril de réservations en recul de 17% sur un an glissant (-7% pour Voyageurs du Monde).

Le véritable souci est que les consommateurs se lancent dans une "chasse à la promotion" de manière plus forte que d'habitude, ce qui aurait un impact plus marqué sur les bénéfices que sur le chiffre d'affaires. Par son activité, Pierre & Vacances est relativement protégé, les Français ayant tendance à privilégier en ce moment les destinations de proximité.

Reste que les résultats 2008/2009 devraient pâtir du contexte actuel : les analystes de Natixis Securities attendent ainsi un chiffre d'affaires annuel en recul de 4%, à 1,37 milliard d'euros, et surtout un bénéfice net en recul de 37,7%, à 45,7 milions d'euros !

Après la belle reprise boursière enregistrée depuis janvier (+37%), le parcours du titre s'annonce plus difficile...

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