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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 14:34

Notre ex-président de la République vous le dirait mieux que moi, en 2008, les marchés financiers ont fait "pschitt". Mais certains pensent qu'ils pourraient faire "poof" en 2009. Avouez que cela mérite quelques explications.

Qu'est-ce qu'un marché qui fait "poof" ? L'expression nous vient de Jim Paulson, stratégiste de Wells Fargo et cette onomatopée est censée exprimer le bruit d'un barbecue qui, après plusieurs tentatives infructueuses d'allumage, se met à prendre tout d'un coup. Autrement dit, notre stratège évoque le scénario d'une reprise brutale du marché.

Si la crise actuelle ne ressemble pas tout à fait aux précédentes, cette hypothèse est loin d'être improbable et s'est plusieurs fois répétée. Souvenons-nous - c'était hier - de mars 2003, lorsque le marché semblait penser que l'imminente guerre d'Irak allait déclencher la troisième guerrre mondiale ! A peine le timing précis de l'attaque américaine était-il connu que le marché s'enflammait - "poofait", si l'on veut - vérifiant à merveille l'adage boursier selon lequel il faut acheter au son du canon. En Bourse débutait alors un rallye qui allait durer 4 ans, portant le CAC40 de 2 500 à plus de 6 000 points. Une formidable hausse presque intégralement effacée depuis l'été 2007 !

Dans une note de conjoncture, Jean-Paul Pierret, directeur de la stratégie de Dexia Securities France, rappelle que, généralement, les sorties de crise permettent d'effacer les pertes en 18 ou 24 mois, tout en mentionnant deux exceptions notables : la crise de 1929, évidemment, après laquelle la convalescence du marché avait duré 25 ans, et l'éclatement de la bulle "techno" en 2000, le record du CAC40 (6950 points le 4 septembre 2000) restant pour l'heure son plus haut absolu.

Mais 2008 n'est peut-être pas 1929 et les valorisations touchées en 2007 n'avaient pas le côté délirant de celles de 2000. Surtout, si la crise est grave, les moyens mis en oeuvre sont aussi une force colossale. "Entre garanties bancaires, prises de participation et engagements budgétaires divers, on va mettre de 10 000 à 13 000 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis, soit près de la totalité du PIB américain", précise Jean-Paul Pierret.

Cet engagement massif des Etats dans l'économie se traduit notamment par l'augmentation spectaculaire du bilan des banques centrales. "Celui de la FED est passé de 950 milliards de dollars en septembre dernier à près de 1 900 milliards actuellement", rappelait ce matin Vincent Juvyns, stratégiste d'ING Investment Management.

En attendant les marchés, la FED, elle, a déjà fait "poof".
 

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 13:45

Le déficit public français pourrait atteindre 103,8 milliards d'euros en 2009, au lieu de 52 milliards initialement prévus, selon la version revue et corrigée du budget de l'Etat. 

Entretemps, la crise est passée par là, avec son cortège de mauvaises nouvelles pour les finances publiques : baisse des recettes fiscales et aides d'urgence au secteur automobile notamment.

Fin 2009, le déficit des comptes publics devrait ainsi atteindre 5,6 % du PIB, loin de la limite de 3 % imposée par le traité de Maastricht. Et l'on est sans doute pas près de revenir dans les clous !

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