Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 10:08

Le choix de l'arbitrage dans l'affaire Tapie ? Une "conspiration" ! Ce qu'elle révèle ? Un "saccage des finances publiques par l'Etas lui-même" ! Ce qu'il faut en France ? Une "cure de puritanisme au coeur de l'Etat" !

 

Les mots sont forts et vont porter. Car ils ne viennent pas exactement d'un éditorialiste du dimanche habitué à la dithyrambe. L'homme qui parle ainsi, répondant aux questions de trois journalistes des Echos s'appelle Jean Peyrelevade et dirigea le Crédit lyonnais entre 1993 et 2003, après être passé chez Suez, à l'UAP, à la Banque Stern. 

 

L'homme n'est pas connu pour son extrémisme - il a soutenu Bayrou en 2012 - et a atteint un âge (bientôt 74 printemps) tel qu'on ne puisse pas le soupçonner d'ambitions politiques majeures, même s'il se reconnaît la "chance enfantine" de penser à l'avenir. Cela renforce sans doute le poids de ses mots.

 

Interview à lire dans Les Echos de ce lundi 24 juin.

 

Partager cet article

Repost0
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 15:27

Lorsqu'Arnaud Montebourg était un peu moins médiatique, il n'était pas rare qu'on l'appelât par erreur Arnaud "de" Montebourg, eu égard à son côté "vieille France" et à son "allure de paon bien lissé", comme Philippe Lançon l'écrivait en 1995 dans Libération. Aujourd'hui privé de cette fausse noblesse qu'on lui attribuait, il s'en réinvente une avec une attitude qu'on pourrat appeler "le fait du prince".

 

"Nous avons dit à Yahoo que ce serait 50/50 ou rien", (dé)clame-t-il, visiblement satisfait de faire capoter le projet de développement envisagé pour Dailymotion, "pépite" du web français en devenir depuis si longtemps qu'on commence sérieusement à se demander si son avenir est si radieux. Nous ? Qui ça, nous ? Le gouvernement ? Montebourg semble pourtant contredit à la fois par Fleur Pellerin, sa subalterne, et Pierre Moscovici, dont il s'est réclamé un peu vite sur ce coup-là. 

 

Montebourg semble oublier deux choses. La première, c'est que France Télécom n'est pas l'Etat, celui-ci n'étant plus majoritaire au capital depuis déjà près de neuf ans. Si des investisseurs privés ont acquis des parts, ce n'est pas juste en échange des dividendes mais d'un pouvoir de décision au sein de la société, ce que le ministre balaie d'un revers de la main. La deuxième chose que Montebourg oublie, c'est qu'il n'est pas Louis XIV, fût-ce à son grand regret ! L'Etat, ce n'est pas lui, et il serait peut-être tant que François Hollande remette à sa juste place son zébulon gouvernemental. Sa place, d'ailleurs, n'est peut-être pas au gouvernement, ou en tout cas pas à ce poste. L'erreur de casting est évidente, elle l'est depuis le jour de sa nomination. En quoi ce champion de l'absentéisme à l'Assemblée nationale était-il qualifié pour mener le redressement industriel de la France ? On se le demande encore.

 

Reste l'impression que le ministre joue perpétuellement sa carte personnelle sans aucun souci des autres, qu'ils fussent ses collègues du gouvernement, les actionnaires d'une société cotée ou les Français en général. Surtout, Arnaud Montebourg semble parfaitement à côté de la plaque. Donner l'image qu'un investisseur étranger n'aura pas le droit de prendre le contrôle de Dailymotion, c'est sans doute condamner tout simplement la société à rester un acteur de seconde zone.

 

Notre ministre de la rodomontade improductive comprend-il quelle image son attitude donne de la France ? C'est le cadet de ses soucis. La seule image qui lui importe, c'est la sienne. Celle d'un éléphanteau du PS qui se prend encore pour un jeune lion, ou d'un petit marquis qui rêvait d'être roi.

Partager cet article

Repost0
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 18:41

"N'êtes-vous pas frappé de voir que la chaîne des mensonges qui entourent Cahuzac commence dans le Parti socialiste et fini au Front national ?". Mais si, Jean-Luc, mais si ! Nous sommes aussi frappés que vous mais nous nous en réjouissons beaucoup moins. C'est avec son habituelle finesse de phacochère que Jean-Luc Mélenchon, invité le 5 avril par France Info, nous a montré de quelle manière il espérait bien transformer le scandale Cahuzac en "tous pourris, tous pour moi !"

Et notre bon vieux Jean-Luc en a profité pour jouer les victimes, rappelant l'"expérience psychologique très traumatisante" que fut son face-à-face télévisé avec l'arrogant Cahuzac. Pauvre chéri ! Evidemment, Jean-Luc, c'est plus facile, lorsqu'on est un vieux briscard de la politique, de se retrouver face à un petit étudiant en journalisme, forcément un peu intimidé, et de lui jeter à la face qu'il n'est qu'un "refoulé politique de la petite bourgeoisie" et qu'il fait partie d'une "sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier", qui ne s'intéresse qu'à des "sujets de merde", avant de se draper dans une maxime romaine... "dignitas et gravitas", comme vous l'avez fait en mars 2010 (voir la vidéo sur Youtube). Dignitaaas et gravitaaas... que c'est beau, les vertus romaines ! Mais pour ma part, je préférerai toujours Montesquieu, qui disait que la gravité est le bonheur des imbéciles...

Quant à cette façon de cracher sur la classe dirigeante, cette "oligarchie de tous puissants seigneurs et de leurs affidés dans le monde politique et médiatique", elle peut être légitime... pour quelqu'un qui n'en fait pas partie. Mais quand, à 35 ans, on avait pour seule ambition de devenir sénateur pour mener le train du même nom, quand on bouffe à grandes louchées dans la bonne soupe européenne avec un poste pas trop fatiguant et plutôt rémunérateur de député, quand on va assister à la remise de la Légion d'honneur de Patrick Buisson, ancien rédacteur en chef de Minute et conseiller de Sarkozy, quand on tutoie gaiement un autre "sarkonseiller", Henri Guaino, quand on donne des coups de mains à Serge Dassault ou quand on a fait la courbette, comme tout le monde,  devant Bachar el Assad, en quoi est-on si distinct de cette caste politique qu'on fustige si fort ?

Monsieur Mélenchon veut donner un coup de balai dans la classe politique ? Soit, mais mérite-t-il vraiment d'être du côté du manche ou de finir dans la pelle à poussière. Le monde politique a besoin de transparence, cette transparence que Mélenchon  qualifie d'exigence névrotique dès lors qu'elle entend toucher la rémunération des élus (lire notre précédent article "Les pudeurs financières de Monsieur Mélenchon"). D'autres ont le verbe moins haut que Mélenchon mais agissent, à l'image de la ministre PS Marie-Arlette Carlotti, qui a décidé de rendre public son patrimoine, tout comme Laurent Wauquiez ou Bruno Le Maire de l'autre côté de l'échiquier politique. le bon peuple mérite certainement de savoir ces choses, comme les actionnaires d'une société connaissent la rémunération du patron. En voilà qui ne font peut-être pas partie de "ces gens qui considèrent que les questions d'argent, comme c'est souvent le cas chez les grands bourgeois, on n'en parle pas à table." Des gens que Mélenchon dénonce et dont il serait en conséquence bien avisé de se distinguer plus franchement !

Emmanuel Schafroth

Partager cet article

Repost0
20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 18:02

La France est un pays d'inventeurs. En 1565, Ambroise Paré inventa la ligature des vaisseaux sanguins qui remplaça avantageusement, pour le confort des blessés, le procédé précédent, qui consistait à brûler les blessures ! C'était 114 ans avant l'invention de la machine à vapeur par un certain Denis Papin et 265 ans avant l'invention, en1830, donc, de la machine à coudre par Barthélémy Thimonnier machine à coudre.


Au vingtième siècle, nous avons aussi inventé le dessin animé (grâce à Emile Courtet, en 1908, alors que Walt Disney était encore en culottes courtes), le pneu à carcasse radiale (Edouard Michelin, en 1946) ou la carte à puce (Roland Moreno, en 1974). Et au vingt-et-unième siècle ?


Soucieux de conjuguer au futur ce glorieux passé français, Arnaud Montebourg avait invité le ban et l'arrière-ban à Bercy, pour la première édition des Objets de la nouvelle France industrielle. Voilà un registre plus bienvenu pour le ministre du redressement productif que celui dans lequel on le voit habituellement, pourfendeur de patrons voyous et de "licenciements boursiers", registre un peu donquichottesque, parfois. Quand il s'agissait de défendre la France industrielle en posant en marinière, on pouvait trouver la démarché risible. S'il s'agit de mettre en lumière des entrepreneurs d'aujourd'hui pour faciliter les succès de demain, on dit bravo. Et d'autant plus quand on entend notre ministre donner sa définition du "made in France" : "le fabriqué, l'imaginé, l'inventé en France". On peut entendra là une reconnaissance du fait que l'industrie de demain n'est pas qu'une affaire de chaînes de montage mais aussi et surtout d'inventivité.


La bonne idée de cette soirée "vitrine" de l'industrie française a aussi été de convier au "pitch" des entreprises très différentes tant par le secteur que la taille. Un géant et deux liliputiens ! C'est Gonzague Issenmann, fondateur de Stentys, société spécialisée dans la fabrication de "stents", tubes grillagés destinés à être implantés dans les artères coronaires afin de leur éviter de se boucher et donc de provoquer un infarctus. La société a été fondée en 2006 afin de développer un produit de nouvelle génération, dit auto-apposant, limitant le risque de récidive, qui a déjà bénéficié à 5.000 patients. En 2012, son chiffre d'affaires a bondi de 77%, même s'il n'atteint encore que 2,5 millions d'euros : un premier succès qui mérite d'être soutenu !


Le deuxième "objet industriel" présenté hier soir est une bactérie vieille comme le monde ou presque, le deinocoque, qui dispose d'une caractéristique qu'elle ne partage qu'avec "Jésus et certains hommes politiques", selon la formule de Philippe Pouletty, co-fondateur de la société Deinove et sérial-entrepreneur dans les biotechnologies, revenu en France après une carrière en Californie (tout le monde l'abandonne pas le navire France !). Cette bactérie est en effet capable de ressusciter ! Le projet de la société : révolutionner, grâce à cette caractéristique et des nano-usines, la production de biocarburants, à partir des déchets de biomasse. Un projet ambitieux, qui reste à mettre en place, la société ne générant à ce jour aucun chiffre d'affaires.


Ce n'est certes pas le cas de Michelin, avec des ventes de 21,5 milliards d'euros en 2012, pour un bénéfice net de 1,6 milliard. Mais on peut être un géant et avoir encore des ambitions. Non content d'être le roi du pneu, Michelin veut réinventer la roue et surtout devenir un acteur majeur de la mobilité électrique. Pour être efficace, la voiture électrique de demain devra être plus légère, plus aérodynamique, pour consommer 40% d'énergie de moins que les modèles actuels : tel est le credo de Patrick Oliva, directeur de la prospective et du développement durable de Michelin. Le projet "Active Wheel" s'inscrit dans cette perspective, cette roue abritant un moteur et permettant tout à la fois de réaliser des véhicules très compacts ou de récupérer l'énergie libérée par les freinages.


Il y a encore en France de petits et grands industriels capables d'enthousiasme. Ca fait du bien d'en parler.

Partager cet article

Repost0
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 12:37

La communauté financière s'engage dans l'année 2013 avec un optimisme prudent. Ce nouveau millésime débute dans un certain apaisement macroéconomique, mais les risques persistent et peuvent ressurgir à tout moment, entre une falaise fiscale américaine érodée mais pas effacée et une conjoncture chancellante en Europe.

C'est décidément une année haute en couleurs qui s'annonce. Souhaitons qu'au final, le vert l'emporte sur le rouge.

Très bonne année 2013.

voeux

 

Cliquez ici pour accéder

à la carte de voeux électronique

 

Partager cet article

Repost0
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 07:20

France-titanic-jpg_090947.jpg

Quand une journaliste britannique promène son oeil sur la situation économique française, il y a de quoi faire grincer quelques dents de ce côté-ci du "Channel"... mais sans doute quelques éléments à en tirer.

Jusqu'ici tout va bien ! Quand on marche dans le brouillard en direction d'un précipice, on peut se faire ce même raisonnement jusqu'au moment fatidique où l'on tombe dans l'abîme. A l'heure de la crise généralisée des économies développées, la France n'est-elle pas un peu dans cette situation ? Serions-nous les derniers enfants gâtés de l'Europe ? C'est la thèse que soutient Sophie Pedder, directrice du bureau parisien du magazine The Economist, dans son livre "Le déni français". Mais qu'on ne s'y trompe pas sur son intention, qui est bien de nous mettre en garde, pas de nous pousser dans le vide.


La France a des atouts indéniables...


D'ailleurs, Sophie Pedder reconnaît volontiers les qualités françaises, rappelant ses réussites technologiques majeures, du TGV à l'industrie nucléaire, tout comme le fait que le pays a su faire naître un grand nombre d'entreprises leaders et compte plus de sociétés que n'importe quel autre pays européen au sein du classement des plus grandes entreprises du magazine Fortune. Autre point à l'actif de noter pays, des inégalités entre riches et pauvres plutôt  moindres qu'ailleurs et qui ne se sont pas creusées. "L'écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres, après transferts sociaux et taxes, est resté stable sur 10 ans", souligne Sophie Pedder, citant l'Observatoire des inégalités et rappelant par contraste que l'écart de richesse s'est creusé ces dernières décennies dans la plupart des pays de l'OCDE.

Lire la suite sur Yahoo Finance

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 16:26

made-in-france-jpg_133835.jpg

Disons le tout net, je n'ai rien contre les blenders Moulinex bien qu'il se trouve que celui que j'utilise pour concocter mes smoothies soit de marque Krups. Je ne cultive pas non plus le moindre ostracisme contre le port de la marinière Armor-Lux. Quant à voir un ministre poser en Une du Parisien Magazine affublé de ces objets brandis en symboles de notre patrimoine industriel, cela peut susciter quelques inquiétudes sur la tournure que prend la chose politique, qui se nourrit plus aujourd'hui de coups marketing douteux que de grandes idées directrices ? Mais passons ! Admettons qu'Arnaud Montebourg, lassé de combattre en vain des plans sociaux qui étaient déjà inéluctables avant qu'il n'accède à son poste, fasse le choix de la "positive attitude", prenant la défense du made in France comme principal cheval de bataille.

Les rayons made in France : pourquoi pas ?

La proposition émise par le ministre du redressement productif que les supermarchés mettent en place des rayons dédiés aux produits français, comme il y a des rayons bio, a d'ailleurs recueilli quelques échos favorables, dont celui de Serge Papin, patron des magasins U. Et les Français semblent suivre, un sondage LCI-Opinion Way révélant qu'ils sont 78% à approuver ce projet.

Certes, il y a des rayons où cette mise en place ne semble pas poser trop de problèmes, à commencer par l'alimentaire. A vrai dire, il y a déjà des exemples d'enseignes mettant en valeur les produits français, ou plutôt ceux du terroir le plus proche. Puisqu'on parle des magasins U, si vous passez par la Gironde, allez jeter un œil à celui de Podensac !  ... (la suite sur Yahoo Finance)

Partager cet article

Repost0
7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 13:46

Il y a exactement deux ans, le 7 avril 2009, était publié dans ces lignes un article à propos de Notrefamille.com, société cotée sur Alternext. Le titre venait d'enregistrer un rebond de 25% après l'annonce par l'entreprise d'une augmentation de capital à un prix de 13 euros, très nettement supérieur au cours boursier. Une vraie curiosité car, habituellement, les levées de fonds sont libellées au-dessous du cours pour apparaître attrayantes auprès des investisseurs. L'explication de ce mystère : les titres négociés sur Alternext, étant considérés comme non cotés, bénéficiaient d'une "carotte" fiscale importante, le prix de revient réel étant de 25% du prix facial pour les assujettis ISF. Nous alertions alors nos lecteurs sur la fragilité de ce rebond, le prix de l'opération étant peu significatif. Le souscripteur de l'augmentation de capital (réservée à OTC Asset management) pouvait très bien se contenter d'une stagnation du cours pour être gagnant.

Que n'avions-nous pas écrit ! Ce court article déclencha immédiatement le vif courroux d'un internaute : "Vous n'êtes pas objectifs avec ALNFA. C'est la valo Internet la mieux gérée sur Alternext. Pourquoi dénigrer le titre systématiquement ? Vous aurez l'air malin quand elle sera à 30 EUR dans 2 ans...", répondait ainsi un certain Pierre en guise de commentaire.

Dans deux ans ? Rendez-vous était pris. Les deux ans se sont écoulés : qu'en est-il donc ? Notrefamille.com vaut-il vraiment 30 euros et qu'a donné la valeur internet la mieux gérée d'Alternext ? De 10,30 euros à la clôture du 7 avril 2010, le cours boursier de Notrefamille.com est tombé deux ans plus tard à 4,21 euros, soit un recul de 59%. On est bien loin des 30 euros anticipés (ou plus exactement espérés) par Pierre, sans doute actionnaire de la société à l'époque. Newsfinance : 1 / Pierre : 0 ! Et tant pis pour ceux qui sont entrés sans la fameuse carotte fiscale !

Sans porter de jugement sur la qualité du management, il faut reconnaître les faits : le modèle économique de Notrefamille ne parvient pas à générer une rentabilité satisfaisante et durable. Entre 2009 et 2011, le chiffre d'affaires a certes légèrement augmenté, passant de 11,85 millions d'euros à 12,55 millions d'euros. Mais cette croissance est à relier avec l'acquisition de la société Archimaine. Hors cet effet "croissance externe", les ventes ont en effet reculé de 0,4 million d'euros en deux ans. L'activité e-commerce (60% des revenus) est en petit recul, les services payants (généalogie) ont légèrement augmenté et la publicité, malgré la mise en place d'une régie interne, n'a jamais décollé.

La marge brute a bien augmenté de 11% en deux ans, mais à un rythme très inférieur aux charges de personnel, en hausse de... 55% ! En conséquence, le résultat net a basculé d'un bénéfice de 0,9 million en 2009 à une perte de 0,7 million en 2011. La société vaut aujourd'hui à peine plus que sa trésorerie, sans que se profile un vrai délencheur de rebond. Bref, le "business case" Notrefamille reste toujours aussi problématique. 

Je ne sais pas si Pierre, notre commentateur agacé d'il y a deux ans, lira ces lignes. Si c'est le cas, je voudrais lui dire que, si personne ne peut prétendre à l'objectivité absolue, nous essayons sur newsfinance.fr de nous attacher à des faits, de poser les bonnes questions sans prétendre est toujours capable d'apporter une réponse formelle. Et je voudrais aussi lui dire que, si Notrefamille valait aujourd'hui 30 euros, ou 60, ce billet aurait également existé.

Emmanuel Schafroth

Partager cet article

Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 13:00

1280px-Flag_of_the_Chinese_Communist_Party.svg.pngDans le petit monde de Jean-Luc, tout est propre et net, chaque chose est bien à sa place. D'un côté, les gentils travailleurs opprimés, de l'autre les grands méchants loups du capitalisme, fourre-tout bien pratique où l'on empile dans le désordre le plus parfait les patrons, les traders, les actionnaires et les agences de notation. On ajoute une pincée de marketing bien senti, comme cette belle stupidité consistant à apporter des andouillettes AAAAA aux employés de Moody's France en leur criant : "agences de notation, agences de récession". Une "action non violente et symbolique", selon Leila Chaibi, passé du NPA au Front de gauche, sans doute plus "tendance" aujourd'hui que la bande à Besancenot. Symbolique, oui, mais de quoi ? De l'intrusion croissante du marketing à deux balles dans la politique ?

Il est vrai que de ce côté-là, les dernières années nous ont comblés : un président nous a fait le coup de la fracture sociale sans démontrer vraiment ses qualités de traumatologue, puis on a eu droit au candidat de la rupture, opposé à une linguiste diplômée imposant le mot "bravitude" dans le dictionnaire. Un parti d'extrême-gauche s'est donné une nouvelle jeunesse en empruntant les initiales d'une émission phare de Canal+ (plus sexy que Lutte ouvrière, c'est sûr!) pendant que François Bayrou se la jouait "geek attitude", lançant à contre-temps son Modem, appellation technophile ringarde alors que les internautes ne jurent plus que par les "box". Il ne manquerait plus que le FN se rabaptise "Les gars de la Marine" et le tableau serait complet !


Oui, à force de se nourrir de symboles, de coups de pub et de buzz, la politique semble avoir perdu le contact avec la réalité. Une réalité nécessairement plus complexe que les concepts idéologiques. En guise d'exemple anecdotique, signalons que sur le site officiel de Jean-Luc Mélenchon, général en campagne qui rêve de "nouvelle frontière", d' "artillerie lourde" et de "marche vers le Capitole", on vous propose aussi d'acheter en ligne ses livres. Et voilà que, par la grâce des liens hypertextes, vous vous retrouvez en un clic sur le site de la FNAC, présidée par Alexandre Bompard (un proche de Sarkozy !) et détenue par (oh mon Dieu...) François Pinault, 59ème fortune mondiale et capitaliste notoire. Que le monde est petit !


Oui, la réalité est forcément complexe et, qui pis est, elle subit parfois une distortion qu'on appelle subjectivité. Lorsqu'on parle de gros sous, le camarade Jean-Luc Mélenchon, et il n'est certes pas le seul, préfère aussi qu'on parle... des autres ! Il n'a visiblement pas apprécié que L'express publie l'état de son patrimoine, lequel révèle un profil un peu différent de ce "plébéien" décrit complaisamment par sa récente biographie. Entre une résidence secondaire dans le Loiret et un appartement parisien de 76 mètres carrés près de la gare de l'Est, notre prolétaire en chef "pèse" environ 760.000 euros (soit 5 fois le patrimoine médian des ménages français), tandis que son salaire de député européen de 6.200 euros nets est somme toute assez confortable. Ce serait évidemment gênant pour Mélenchon que le petit peuple ignorant comprenne combien l'anti-capitalisme peut être un business juteux.

 

Dès lors, on comprend ses pudeurs de jeune fille lorsqu'on évoque le thème de la transparence des revenus ou du patrimoine des élus, transparence qu'il qualifie d' "exigence névrotique", ajoutant qu'il n'est pas "un homme public, mais un homme privé avec des activités publiques". Ah oui, bien sûr, ne Mélenchon pas tout ! Seulement voilà, l'argent qu'il tire depuis des années de sa carrière politique est tout ce qu'il y a de plus public, lui. En somme, les élus touchent les dividendes de la démocratie. Pourquoi ceux qui représente la Nation (ou l'Europe, que Mélenchon fustige mais qui le nourrit grassement) ne devraient-ils pas rendre des comptes à ceux qui les payent ? Il serait légitime que le peuple, au pays des cumulards, sache qui touche quoi dans le domaine public. Et cette transparence pourrait toucher d'autres thèmes que l'argent, histoire, par exemple, de mettre en rapport le salaire des députés avec leur taux de présence aux séances de l'Assemblée nationale ! 

 

Le monde politique, sur ce plan, pourrait bien s'inspirer de ce capitalisme tant honni par notre gauchiste-caviar national. En me replongeant récemment dans le visionnage (merci l'INA !) de la 100ème émission de "L'Heure de vérité", j'ai réalisé le bond parcouru par le monde financier en matière de transparence depuis une vingtaine d'année. C'était le 2 octobre 1989 et l'invité était Antoine Riboud, fondateur de BSN (l'actuel Groupe Danone). Une affaire faisait alors grand bruit : la révélation, contre son gré, du salaire du patron de Peugeot par le Canard Enchaîné. Interrogé sur le sujet, Antoine Riboud, en communicant né qu'il était, commence par dire qu'il ne trouve pas cela bien de dévoiler ce genre de choses, avant d'enchaîner en révélant ses propres revenus ! Aujourd'hui, c'est une chose non seulement admise mais obligatoire, le salaire des mandataires sociaux des entreprises cotées en Bourse est du domaine public et se retrouve, avec un luxe de détails (part fixe, part variable, stock options, avantages en nature) dans le rapport financier annuel de l'entreprise.


Alons, Monsieur Mélenchon, si les patrons l'ont fait, ne pouvez-vous pas le faire ? "Je suis aussi favorable à 100% au contrôle du patrimoine des élus par un organisme indépendant, à la condition qu'il soit spécialisé et astreint au devoir de réserve", nous dites-vous. Autrement dit : le pognon des politiques ne regarde personne. Un monde politique conçu comme une caste, vivant par et pour lui-même ? C'est peut-être votre rêve, mais c'est mon cauchemar !

Emmanuel Schafroth

Partager cet article

Repost0
11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 15:56

Si LVMH pouvait faire ses bagages, on serait bien content chez Hermès. Car c'est à la hussarde et sans prévenir que le géant du luxe s'est introduit au capital du maroquinier, dont il détient aujourd'hui un peu plus de 20%. Oui, chez Hermès, on serait bien content de voir déguerpir cet investisseur gênant et... on le dit clairement !

 

Commentant la présentation des résultats 2010 de Hermès International, Le Figaro du 5-6 mars indiquait que le gérant, Patrick Thomas, s'était laissé aller dans ses commentaires à quelque entorse au style "subtil, discret et élégant" de la respectable maison qu'il représente. "Leur entrée s'est faite de manière inacceptable [et ce n'est pas le meilleur moyen de] séduire une belle", aurait ainsi déclaré Patrick Thomas.

 

Le journaliste du Figaro serait-ils à ce point pudibond pour qu'il se choque de si peu ? Sans doute l'est-il, oui, car il a tout simplement omis de retranscrire l'intégralité du propos. Pour en prendre connaissance, reportons-nous donc à la dépêche Bloomberg relatant la même réunion.

 

Les propos mis dans la bouche de Patrick Thomas (si l'on ose dire, sachant ce qui suit) sont ceux-ci : "if you want to seduce a beautiful woman, you don’t start by raping her from behind". Autrement dit : "quand on veut séduire une belle femme, on ne commence pas par la prendre par derrière".

 

Ah, Hermès, le bon goût français, le vrai chic parisien !

Partager cet article

Repost0