Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 09:48

Comprenne qui pourra !

Alors, vous prenez une Netgem bien mûre. Prenez en une belle, une à 4,42 euros environ, qui a poussé toute l'année 2009 et que vous avez achetée sur le marché, de préférence hier soir à la fermeture. Epluchez le Video Futur qui est autour et que vous pouvez revendre actuellement au marché pour 50 cents et enlever un trognon de dividende... ôtez-en pour 70 cents, par exemple.

Normalement, il devrait vous en rester pour 3,22 euros (4,22 - 0,50 - 0,70). Hé bien, non, il vous en reste 3,49 euros. Voici un petit calcul tout bête, qui semble démontrer que celui de Joseph Haddad (séparer ses deux activités) est loin de l'être !

Si un mouvement vendeur s'était fait jour sur Netgem dans les jours précédents le spin off, le marché se montre largement acheteur maintenant que les choses sont clarifiées. Le titre affiche une hausse de près de 14% (corrigé du versement du double dividende) et le volume est impressionnant : plus de 500.000 pièces ont changé de mains en une heure de cotation. La journée s'annonce belle pour ceux qui ont conservé !

Partager cet article

Repost0
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 22:21
Après notre leçon numéro un, publiée ici-même le 6 janvier dernier, en voici une qui n'aura pas touché tous les investisseurs lors de cette folle année 2009 au cours de laquelle presque tout a monté.  Mais cette évidence mérite tout de même d'être rappelée.

Aujourd'hui, notre leçon numéro deux : savoir vendre quand un scénario d'investissement tourne court

Quand tout le marché remonte et que le titre que vous avez acheté est un des rares a boire le bouillon, avouez que c est particulièrement rageant. Ça l'est d'autant plus lorsque tout le monde s'accorde à dire que la société que vous avez achetée est de grande qualité et qu'on vous avait même dit qu'elle était typiquement une valeur anti-crise.

Un exemple ? Ubisoft ! Alors que tant d'éditeurs de jeux vidéo français ont sombré corps et âme durant la décennie écoulée (Cryo, Kalisto) et que d'autres semblent plongés dans un coma prolongé (mais non, je n'ai pas dit Atari!), le groupe phare de la galaxie Guillemot affiche un historique de développement enviable et bénéficie d'une renommée mondiale. N'est-ce pas au champion français qu'on a confié la réalisation du jeu tiré du film Avatar, dont le succès phénoménal et planétaire n'a échappé à personne ces dernières semaines ?

En 2008, alors que les signes de la crise à venir se multipliaient, tout portait à croire que la société allait passer entre les gouttes. Le secteur du jeu vidéo est soumis à des cycles assez forts, liés au renouvellement du marché des consoles. Justement, grâce à la montée en puissance d'une nouvelle génération de machines (Xbox 360, Playstation 3, Wii), Yves Guillemot, PDG d'Ubisoft, prévoyait alors que le pic du marché ne serait pas atteint avant 2010 ou 2011. Un vrai boulevard de croissance !

Pourtant, l'an dernier, Ubisoft a réalisé une des pires performances boursières du marché, avec un recul de 30% environ, soit un écart négatif de 50 points avec le marché (lire notre article "Le bottom 10 du SBF250 en 2009"). Une contre-performance considérable.

Certes, le retournement du marché du jeu vidéo a été brutal, mais il y a un moment où l'investisseur doit admettre qu'il s'est trompé et en tirer les conséquences, c'est-à-dire solder ses pertes ou, comme on dit dans le jargon boursier, se couper un bras. Cela passe par un décryptage objectif de la communication de la société.

A quel moment pouvait-on comprendre que le scénario idyllique (que nous résumerons par : "Ubisoft poursuit sa croissance malgré la crise")  était caduc ? Dès la publication, le 22 janvier 2009, des chiffres du troisième trimestre de l'exercice 2008/2009, le ralentissement de la croissance était net, avec une progression d'activité de 13% seulement, contre 32% au premier semestre. Mais cela pouvait n'être qu'un trou d'air passager. En revanche, au dernier trimestre de ce même exercice, l'activité était cette fois en recul de 5,1%. Le signal d'alerte était patent. A la suite de cette publication, on pouvait encore vendre le titre aux alentours de 15 euros, le 30 avril 2009, malgré la baisse de 8,9% enregistrée ce jour-là. Une bonne idée, sachant qu'Ubisoft allait finir l'année sous les 10 euros.

Moralité : il faut savoir vendre quand votre scénario d'investissement ne se réalise pas.

Emmanuel Schafroth



A lire également : La leçon numéro 1

Partager cet article

Repost0
6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 17:21
Cette étonnante année 2009 qui vient de s'achever nous aura apporté son lot de suprises. Elle vient aussi nous rappeler quelques leçons, parfois très évidentes, apprises à l'école de la bourse. Mais, comme il est plus facile de raisonner à froid qu'en plein krach, il est parfois bon de rappeler des évidences.

Aujourd'hui, voici donc notre leçon numéro un : c'est quand tout le monde panique qu'il faut avoir du courage.


Cette leçon nous a été rappelée d'une manière particulièrement nette deux fois au cours de la décennie, la fois précédente étant mars 2003. Le marché était alors au plus mal, avec un CAC revenu vers 2.400 points, et le monde craignait que la crise irakienne ne dégénère en conflit majeur. Pourtant, le déclenchement effectif des hostilités allait coïncider exactement avec le début d'un rebond quasi-continu de plus de quatre ans.

Mais revenons à 2009, et plus particulièrement à la journée du 9 mars, où l'indice parisien faillit d'ailleurs retrouver les plus bas de 2003, franchissant à la baisse le seuil des 2.500 points durant la séance. Cette journée marqua le paroxysme de la panique des marchés et on n'imaginait guère à l'époque que le CAC40 puisse finir l'exercice 2009 de si belle manière !

Que fallait-il acheter alors ? Des sociétés solides, défensives, comme France Télécom, Air Liquide et Danone, par exemple ? Le sage investisseur qui aurait fait ces choix d'investissement ce jour-là aurait certes enregistré à fin décembre 2009 une performance moyenne de 22,6% sur ses trois positions. Mais regardons maintenant ce qu'aurait engrangé un boursier plus audacieux, dont les choix se seraient portés le 9 mars sur Alcatel-Lucent, société qui ne cesse de perdre de l'argent depuis 2006, sur Eurotunnel, un des titres les plus sulfureux de la bourse de Paris du fait de son passé très douloureux pour ses actionnaires, et, enfin, pour corser le tout, une small cap technologique en perte de vitesse ces dernières années sur le plan du chiffre d'affaires et dont les  perspectives restent très floues... disons, Archos.  Hé bien, notre courageux investisseur aurait réalisé au 31 décembre une "perf" moyenne de 122,8% sur les titres en question. Nous avons négligé ici l'effet dividende, mais l'écart est considérable.

Croyez-moi ou pas, j'ai choisi intuitivement les six titres cités ci-dessus, ne vérifiant qu'a posteriori mon intuition. La leçon est édifiante : quand la perception des risques est à son maximum, c'est que le moment d'en prendre est venu. C'est quand tout le monde panique sur les marchés qu'il faut être du côté des courageux.

Emmanuel Schafroth

Partager cet article

Repost0
2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 15:10

cac40 annuel
news
finance.fr
a le plaisir de vous souhaiter une très bonne année boursière 2010. Une très bonne année 2010 ? A vrai dire, il sera sûrement difficile de faire mieux que celle écoulée en matière de performance pure, le millésime 2009 étant le meilleur depuis 2005 pour le CAC40.


Résumé des épisodes précédents. La phase haussière entamée en 2003, au plus fort de la crise irakienne, s'est achevée brutalement mi-2007, cet exercice en dents de scie se soldant finalement par une progression voisine de zéro pour le marché parisien. On se souvient bien de la suite et de cet annus horribilis qu'a été 2008, le CAC40 s'effondrant de près de 43% dans la panique générale des subprimes et de la faillite de Lehman.

L'année 2009 aura été l'occasion de combler à peu près le tiers de ces pertes, grâce à un beau rebond de 22,3%. Peut-on espérer une telle tendance cette année ? Cela reste à démontrer, même si les économistes délivrent un message assez confiant sur l'exercice nouveau. Ou justement, peut-être, PARCE QUE les économistes délivrent un message assez confiant.

Mon propos n'est pas ici de critiquer cette profession dont la mission de prévision est éminemment complexe, à une époque où tant d'agents économiques hétérogènes par leur nationalité, leur nature ou leurs intentions interagissent sur un marché global qui ressemble de plus en plus à un incontrôlable maelstrom. Mais, si l'on se souvient que ces mêmes économistes comparaient il y a un an la crise actuelle à celle de 1929, on doit convenir que leur capacité à se tromper reste intacte.

La Grande Dépression qui a fait défaut en 2009 nous guette-t-elle cette année ? Sans doute pas. Mais, même si cela peut paraître paradoxal, le curseur du risque a sans doute monté d'un cran, parce que le marché part de plus haut, d'une part, et parce que l'impression que "le plus dur est passé" pourrait rendre plus douloureuse une rechute économique. Prudence, donc !

En attendant la suite des événements, newsfinance.fr consacrera les quelques jours qui viennent à égrener quelques bilans et quelques bonnes résolutions financières pour 2010. La période s'y prête doublement car, comme l'année nouvelle, une période de crise est un moment idéal pour se souvenir des bonnes leçons qu'on oublie parfois en période d'euphorie.

Bonne année 2010... quand même !

Emmanuel Schafroth




Partager cet article

Repost0
16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 12:54

Le Groupement TNT ne passera pas l'hiver : il a auto-programmé son acte de décès pour le 31 décembre 2009. Un signe que son oeuvre est accomplie !

Le Groupement TNT a été créé en 2004 par huit groupes audiovisuels pour assurer la réussite du lancement de la télévision numérique terrestre (TNT) en France. Il  réunit ainsi Arte, Bolloré Média, France Télévisions, Groupe AB, LCP-Assemblée Nationale, Lagardère Active, NextRadioTV et NRJ Group, et a notamment fait oeuvre de pédagogie en distribuant plus de 20 millions de dépliants concernant la TNT et en éditant le site internet tnt-gratuite.fr. Mais ses jours sont désormais comptés et il s'autodissoudra à la fin de l'année. Tout sauf un aveu d'échec !

Lancée en mars 2005, la TNT a en effet connu en France un succès rapide. Dès la première année, plus de 2,5 millions de décodeurs avaient été acquis par les Français. Aujourd'hui, le Groupement TNT dénombre 30 millions d'équipements TNT vendus en France, dont 10,5 millions d'adaptateurs, 16 millions de téléviseurs intégrant un décodeur, et 3,5 millions d'équipements divers (ordinateurs, enregistreurs de DVD, etc).

La télévision numérique est désormais une réalité pour 70% des Français et cette nouvelle donne aboutit effectivement à une redistribution des cartes. au total, les chaînes gratuites nées de la TNT représente déjà 16,5% de l'audience de la télévision en France (Source : Médiamétrie, novembre 2009), la plus belle percée étant à l'actif d'un acteur qui ne faisait pas partie du Groupement. La chaîne W9 (Groupe M6) a en effet conquis 2,8% de part d'audience nationale et est regardée chaque mois par 36 millions de téléspectateurs. de son côté, grâce à son modèle gratuit sur la TNT, BFMTV (NextRadioTV) est devenue la première chaîne d'information, avec 0,6% de part d'audience nationale.

Mais le signe le plus visible du succès de la TNT est sans doute... l'audience de TF1. Il y a 5 ans, personne n'eût cru qu'elle pouvait tomber en deça des 30% de part d'audience. Aujourd'hui, personne ne croit la "Une" capable de remonter à ce niveau... pas même son président, Nonce Paolini

Oui, l'opération-commando du Groupement TNT est bel et bien une réussite !



Partager cet article

Repost0
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 14:40

C'est à la surprise générale que Vivendi a annoncé vendredi soir avoir conclu le rachat du brésilien GVT, alors que Telefonica était donné favori. Ce matin, le titre se réveille avec la gueule de bois. Explications.

Décidément, la Bourse n'apprécie guère que les opérateurs télécoms s'aventurent à l'étranger. On se rappelle ainsi de l'accueil glacial réservé par le marché à la tentative d'OPA de France Télécom sur l'opérateur nordique TeliaSonera en 2008. Cette fois-ci, c'est la surenchère de Vivendi face à Telefonica pour acquérir l'opérateur télécoms brésilien GVT que le marché boude. Le titre du conglomérat français recule ainsi de 2,6% ce lundi (14h30), se démarquant nettement d'un marché en hausse de 1%.

Une nouvelle fois, la logique purement financière et la stratégie de développement d'une entreprise se font face. L'opération menée à bien par Vivendi démontre une habileté tactique irréprochable. Mieux, cette acquisition répond à une logique impeccable, pour un groupe dont le principal marché (les télécoms, avec SFR) est désormais à maturité en France : aller chercher la croissance là où elle se trouve ! De ce côté,  GVT semble une proie idéale. Crise financière ou pas, le petit opérateur poursuit sa croissance à un rythme proche de 30% par an et a dégagé au troisième trimestre une marge nette proche de 13%.

Que reproche donc le marché à Vivendi ? D'avoir payé trop cher un bel actif en devenir ? Oui, ou plus exactement d'être sorti de son orthodoxie financière en surenchérissant sur Telefonica. Son offre finale valorise GVT à 2,8 milliards d'euros, soit plus de 4 fois le chiffre d'affaires attendu cette année. C'est certes cher payé, surtout si l'on oublie le potentiel de développement considérable de cet opérateur encore de petite taille à l'échelle de son pays (lire notre article précédent) pour se concentrer sur les chiffres financiers passés.

Mais, comme chacun sait, la critique est aisée et l'art difficile. Disons cela autrement : il est plus facile d'être un rigoureux ayatollah de la finance, lorsqu'on laisse à d'autre le soin de mettre en pratique ses principes.

Après avoir fait parler les chiffres, les analystes de Natixis Securities évaluent à 1 milliard d'euros la "destruction de valeur" liée à cette opération. Et déjà ils s'alarment de la prochaine cession par Vivendi de sa participation dans NBC-Universal, qui pourrait faire entrer plus de 3,5 milliards d'euros dans les caisses du groupe. Comme si les dirigeants qui ont sauvé le groupe du gouffre où l'avait plongé la gestion de Jean-Marie Messier n'avaient de cesse de dilapider l'argent de la caisse !

Prenons maintenant l'opération GVT du côté de la réalité économique du secteur. Le marché des télécoms est très capitalistique et,  à l'échelle d'un pays, est souvent aux mains d'un oligopole. Le cas de la France est assez typique, l'opérateur historique conservant une grosse part du gâteau et ses quelques poursuivants de taille étant souvent des émanations de groupes puissants, le "petit" Iliad faisant figure d'exception.

Il résulte de ce marché très concentré que les opportunités de croissance externe ne sont pas légion et que, lorsqu'une bataille boursière s'engage, il faut bien arbitrer entre orthodoxie et ambition. Vivendi a fait son choix et le marché, pour l'heure, le réprouve. Qui a raison et qui a tort ? Il est certainement trop tôt pour l'affirmer avec certitude.

Mais reconnaissons au moins à Jean-Bernard Lévy le droit à une certaine ambition, en plus du devoir d'être sage avec l'argent des actionnaires. Dans le métier du capital-investissement, on injecte parfois des fonds propres dans des entreprises qui ne génèrent pas encore de chiffre d'affaires (cela s'appelle de l'amorçage). De facto, la valorisation instantanée de ces sociétés est donc infinie. Il faut parfois se rappeler que sans cette aberration financière manifeste, aucune entreprise ne verrait jamais le jour.

Emmanuel Schafroth


Partager cet article

Repost0
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 11:22

Steve Jobs vient d'être récompensé par le magazine américain Fortune du titre de "patron de la décennie". Et, si l'on ne craint pas les comparaisons osées, on peut dire que cette médaille semble un peu plus méritée que celle de la paix glissée un peu hâtivement autour du cou de Barrack Obama.

Beau travail, en effet, que celui de Steve Jobs ces dix dernières années, période lors de laquelle il a piloté la spectaculaire résurgence du constructeur d'ordinateur qu'il avait cofondé en 1976.

De simple société informatique, Apple est en effet devenu aujourd'hui le leader mondial des baladeurs numériques et de la distribution de musique en ligne, même si Sony, l'inventeur du Walkman, semble enfin remonter la pente (lire cet article).

Et voilà maintenant que le groupe américain vient titiller le marché de la téléphonie mobile, où l'on croyait pourtant les positions bien établies, Nokia et Samsung dominant outrageusement le marché. C'est certes encore le cas et l'iPhone d'Apple, avec 7,4 millions d'unités écoulées sur le dernier trimestre (lire le communiqué), ne représente encore qu'une part de marché infime, de l'ordre de 2,5%. Mais qu'en sera-t-il dans cinq ans ? Bien malin qui pourrait le dire !

Les ancêtres de la téléphonie mobile étaient nordiques (Nokia, Ericsson) et ils ont ensuite subi les sévères assauts des corééens (Samsung, LG), qui ont conquis un tiers du marché mondial. Tout un symbole du basculement du centre de gravité mondial vers l'Asie ! Pourtant,  avec le Blackberry de RIM, le système d'exploitation de téléphones mobiles Android lancé par Google et surtout l'emblématique iPhone d'Apple, l'Amérique prépare une revanche qui pourrait être cinglante.

Oui, c'est vraiment un beau travail que celui accompli par mister Jobs. Surtout qu'entretemps, il a aussi réussi à vaincre un cancer du pancréas et à se faire transplanter un foie. Steve ? Ou Superman ?

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 21:19

Nicolas Sarkozy n'est pas le seul à s'occuper avec bienveillance de la carrière de sa progéniture. Après le raid (semi-raté ou semi-réussi, comme on voudra) du petit Jean sur l'EPAD, opération visiblement pilotée de près par l'Elysée, voici une passation de pouvoir qui nous offre un nouvel exemple édifiant du népotisme à la Française.

Prenant acte de la demande de Bernard Arnault de mettre fin à son mandat de membre du Conseil de Surveillance de M6, le groupe vient de coopter... Delphine Arnault ! M6 se félicite d'ailleurs de l'entrée de cette "nouvelle compétence" et de cette "étape vers une plus grande féminisation du collège" (le conseil de surveillance, composé de 13 membres, était jusqu'ici exclusivement masculin!).

Mais il n'aura évidemment échappé à personne que la seconde est la fille du premier ! Et le patron de LVMH ne détenant pas de participation significative dans M6, une telle cooptation ressemble bel et bien à un petit service entre amis.

Pour justifier son départ, Bernard Arnault invoque "des contraintes liées à son activité professionnelle". Il ne semble pourtant pas que ses fonctions au sein de M6 lui ait jamais causé le moindre surmenage. Cet administrateur "indépendant" a d'ailleurs plus que mérité ce qualificatif : au cours des exercices 2007 et 2008, il a fait preuve d'une indépendance exemplaire en n'assistant à aucune des neuf séances du Conseil de surveillance tenues sur la période ! Cela ne l'a nullement empêché de toucher ce qu'il faudrait appeler, dans son cas, des "jetons d'absence" : 8.000 euros au titre de 2007 et 7.385 euros pour 2008.

Cet absentéisme hors pair remonte à sa nomination chez M6, en 2004. Son taux de présence au Conseil s'est élevé cette année-là à 33% (une séance sur trois) et cela restera son meilleur score. Monsieur Arnault aura donc offert à M6 sa version du service minimum, se contentant en outre d'acheter 100 actions de la société pour obtenir son poste, soit le minimum prévu statutairement pour les membres du Conseil.

Au cours de M6 le 18 février 2004, date de sa première nomination, cela a représenté un investissement d'environ 2.700 euros. Une paille pour cet homme présenté par le magazine Challenges comme la deuxième fortune de France, avec un patrimoine évalué à 14,6 milliards d'euros ! L'empereur du luxe peut aujourd'hui déplorer une moins-value d'environ 35% sur ses titres M6, mais les dividendes ont été conséquents : 38.336 euros de jetons de présence entre 2004 et 2008 ! A défaut d'être un élève assidu, Bernard Arnault est un investisseur avisé.

Partager cet article

Repost0
12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 16:17

Larry Ellison n'a pas la réputation d'être sympathique. Le tout-puissant patron de l'éditeur de logiciels Oracle vient de le prouver une nouvelle fois en se gaussant publiquement de son confrère Salesforce.com.

La seule vertu qu'il reconnaît au spécialiste des solutions de CRM (customer relationship management, ou management de la relation client) est d'avoir une technologie sous-jacente "formidable" - celle d'Oracle, évidemment !

Pour le reste, il juge le travail de son homologue "itty bitty" (petit-petit) : un avis qui a de quoi surprendre dans la mesure où Salesforce.com est un des sponsors de la conférence Openworld... organisée par Oracle.

Larry Ellison aurait pu aussi se moquer de la ridicule capitalisation boursière de Salesforce.com (à peine 8 milliards de dollars, contre plus de 100 pour Oracle). En revanche, Marc_Benioff, Pdg de Salesforce.com, pourrait donner à son peu amène concurrent des leçons de croissance : sur le dernier exercice, l'activité de sa société a bondi de 43,8%, à comparer à une croissance beaucoup plus poussive pour Oracle (3,7%).

Le dénigrement de Monsieur Ellison n'est donc peut-être pas entièrement fortuit.

Partager cet article

Repost0
18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 10:49

Le titre rebondit vivement ce matin, dans des volumes énormes, démontrant que l'intérêt pour la biotech reste vif.

 

Que n'a-t-on pas lu sur Exonhit dans les forums boursiers ces dernières semaines ? Certains prévoyaient déjà un cours à plusieurs centaines d'euros en divisant la taille supposée du marché des médicaments anti-Alzheimer par le nombre de titres Exonhit en circulation. Amusant, mais complètement dépourvu de sens !

D'autres, au premier signe de baisse, prédisaient déjà le pire à la société, y compris le dépot de bilan, ce qui n'est pas plus crédible, dans la mesure où Exonhit disposait au 30 juin dernier de plus de 17 millions d'euros de cash et n'en a consommé que 3,4 millions sur le semestre.

Pourquoi alors le titre a-t-il tant baissé les jours précédents ? Tout d'abord parce que la nouvelle du passage en phase IIb de son candidat-médicament EHT 0202 n'en est pas vraiment une, le PDG Loïc Maurel l'ayant déjà éventée avant la présentation officielle des résultats. Le titre a donc été victime d'un célèbre proverbe boursier : buy the rumour, sell the news (achetez a rumeur, vendez la nouvelle). Etant donnée la forte augmentation des volumes depuis plusieurs semaines, il semble évident que de nombreux investisseurs court-termistes sont entrés sur le titre et ont été tentés de concrétiser rapidement leurs plus-values (rappelons que le titre valait un peu plus de 3 euros seulement début juillet, et qu'il a touché les 7,03 euros le 7 septembre, avant de se replier violemment sur les 5 euros).

Ce recul de près de 30% en deux semaines se justifie aussi par le secteur très particulier des biotechs, où l'on achète seulement un potentiel. Dans quel autre domaine verrait-on une entreprise valorisée 40 fois le chiffre d'affaires de l'année précédente ??? Faute de données financières tangibles, l'évaluation d'une société biotech tient beaucoup à la psychologie des investisseurs et à une interprétation parfois hasardeuse du flux de nouvelles entourant la société. Souvent investisseur varie... d'où la fragilité boursière des titres du secteur.

Ceux qui ont vendu hier n'ont sans doute pas été les plus fins psychologues. Le titre rebondit ce matin de 14,5%, dans un volume qui frise déjà le millions d'euros. Oui, depuis ce matin, le volume échangé dépasse déjà le chiffre d'affaires réalisé par Exonhit Therapeutics en 2008 ! Cela prouve au moins une chose : l'intérêt manifesté par le marché sur le titre n'est pas mort, loin s'en faut...

 

Partager cet article

Repost0