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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 17:44

Photo-Ph-Lebeau-Comgest.jpgC’est une société de gestion française dont le nom commence par C et qui affiche une brillante réussite hors de nos frontières, mais ce n’est pas celle à laquelle vous pensez. Plus discrète sans doute que Carmignac, Comgest, société de gestion entrepreneuriale de première génération fondée à Paris en 1985, a pourtant tenté et gagné le pari de l’étranger bien avant sa médiatique consœur. « La clé de notre réussite réside dans l’ADN international de Comgest, explique Philippe Lebeau (en photo), responsable des relations investisseurs de Comgest, rappelant par là-même que la société fut créée par un franco-vietnamien (Jean-François Canton) et un allemand (Wedig von Gaudecker). Nous rassemblons aujourd'hui près de 25 nationalités et certains de nos collègues, y compris ceux basés à Paris ne sont même pas francophones, ce qui n'est plus depuis longtemps déjà un pré-requis pour intégrer Comgest. »

 

Dès 1992, Comgest a ouvert sa première sicav luxembourgeoise, Comgest Europe, avant de s’implanter l’année suivant à Hong Kong pour y localiser des capacités d’analyse : un mouvement clairement précurseur, anticipant le fort développement de la zone. Depuis une décennie, la stratégie d’internationalisation s’est accélérée, avec la création d’une société de gestion de droit irlandais à Dublin en 2004 et de nouvelles offensives du côté de l’Asie, avec la création d’entités au Japon en 2007, puis à Singapour en 2010. Enfin, la société de gestion est présente en Inde au travers de Comgest India. Au total, plus de 40% des équipes de Comgest, qui compte aujourd’hui plus d’une centaine de collaborateurs, sont basées hors de France. 

 

 

Cette stature internationale en matière de capacités de gestion trouve son pendant dans une distribution elle aussi largement internationalisée, dont le pivot est la sicav irlandaise Comgest Growth Plc, qui permet aux investisseurs d’accéder à toutes les stratégies également disponibles via des fonds de droit français, et même à d’autres. « La sicav compte près de 20 compartiments et plus de 50 classes différentes, adaptées aux 14 juridictions - bientôt 15 - dans lesquelles elle est autorisée a la distribution, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie », précise Philippe Lebeau.  À travers cette sicav irlandaise ou des mandats dédiés, qui représentent quant à eux un tiers des quelque 16,4 milliards d’encours affichés par Comgest, la société de gestion sert également une clientèle d’investisseurs institutionnels nord-américains.

 

Voilà sans doute plus de 12 ans que les clients étrangers sont majoritaires dans l’activité de la société, même si elle ne communiquait alors pas sur cette répartition. Et depuis 2009, la France ne représente qu’environ un quart des encours. « Depuis un certain temps déjà la France n'est plus le "centre du monde Comgest", mais un pays important parmi d'autres », conclut Philippe Lebeau.

 

 

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 11:34

Philippe-LECOMTE2--1-.jpgFrançaise, oui... but not so french ! Filiale du Crédit Mutuel Nord Europe bénéficiant donc d’un flux de collecte « captif », La Française, contrairement à Tobam (lire notre article précédent), n’est pas tombée dans l’international quand elle était petite. Fin 2010, les encours distribués hors de France représentaient encore moins de 2% du total. Normal pour un acteur qui s’appelle La Française, direz-vous ! Sauf que, si la société, précédemment baptisée UFG-LFP, a pris cette dénomination en septembre 2011, c’est précisément en vue de se faire un nom sur d’autres marchés et de s’y distinguer des grands noms anglo-saxons en jouant sur sa french touch

 

Cela fonctionne-t-il ? Visiblement oui. Grâce à cette stratégie de développement, l’international représente aujourd’hui 10% des quelque 45 milliards d’euros gérés par le groupe, ce qui commence à devenir significatif. Un simple changement de nom n’a évidemment pas suffit et La Française, pour parvenir à ces objectifs, a notamment recruté Philippe Lecomte (en photo) pour s’occuper du développement international : un profil au parcours international, passé chez des acteurs anglo-saxons comme Invesco et Schroders.

 

Surtout, depuis quelques années, La Française multiplie les partenariats commerciaux ou capitalistiques pour se donner une stature internationale, avec notamment des prises de participation dans les sociétés britanniques Tages Capital (multigestion alternative) et Inflection Point Capital Management (investissement socialement responsable) ou la hongkongaise JK Capital Management, dont les expertises sont mises en avant à l’international. 

 

Car il ne s’agit pas pour La Française de vendre à l’étranger sa gamme française mais d’y commercialiser un nombre restreint d’expertises reconnues. « Il faut avoir un statut de leader au niveau local pour pouvoir exporter, explique Philippe Lecomte. Ainsi, nous poussons à l’international des produits comme le fonds d’actions chinoises value géré par notre filiale JK Capital Management, le fonds immobilier LFP Forum Securities Global Income Real Estate, de notre filiale commune avec Forum Partners, ou encore LFP Rendement Global 2022, un fonds obligataire à maturité, ce qui est une expertise historique du groupe. »

 

C’est essentiellement - mais pas seulement - en Europe que se déploie la stratégie internationale de La Française. « Dans des pays comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Suisse, le Bénélux et l’Autriche, nous visons à la fois les investisseurs institutionnels et le marché du retail, détaille Philippe Lecomte. Dans les pays nordiques, au Royaume-Uni ou en Asie, nous ciblons plutôt les institutionnels. » Si le groupe a tardé à sortir des frontières hexagonales, son rattrapage est aujourd’hui clairement enclenché et les ambitions sont claires. « Nous voulons arriver rapidement à 20% de notre activité à l’international », conclut Philippe Lecomte. La Française semble aujourd’hui avoir mis en place les moyens pour réussir ce pari.

 

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 18:31

BNP-DH.png

 

Ces dernières années, c'est l'épargne salariale qui s'est imposée comme le principal vecteur de la finance solidaire en France (lire à ce sujet ma récente contribution aux Echos). Tous les PEE et PERCO étant contraints d'afficher un fonds solidaire dans leur offre, généralement restreinte, le coup de projecteur sur le secteur a eu un impact significatif sur la collecte.

 

A l'occasion de la semaine de la finance solidaire, BNP Paribas vient d'annoncer la commercialisation dans son réseau de détail d'un fonds solidaire dit 90/10, bâti sur le même principe que ceux disponibles en épargne salariale : 90% au moins des actifs sont placés en actifs cotés, sélectionnés selon les principes de l'ISR, tandis que jusqu'à 10% du fonds vont être dédiés à des investissements dans de entreprises reconnues comme solidaires. BNP Paribas cite l'exemple d'entreprises comme le Groupe La Varappe, le Réseau Cocagne, Habitat et Humanisme ou Entreprendre pour Humaniser la Dépendance, qui répondent à sdes enjeux divers (lutte contre l’exclusion, logement précaire, valorisation des déchets,...). La poche solidaire du fonds BNP Paribas Social Business France sera alimentée par un fonds maison, dans lequel les fonds d'épargne salariale solidaire du groupe investiront aussi. Objectif affiché : 40 millions d'euros investis dans une trentaines d'entreprises françaises à vocation sociale d'ici trois ans.


Reste évidemment à convaincre les clients du réseau. Mais BNP Paribas appuie sa stratégie sur le succès récent du fonds BNP Paribas Développement Humain, un fonds ISR investi en actions de sociétés cotées sélectionnées pour leur impact social. Les actifs de ce fonds ont progressé de 75% depuis le début de l'année, pour atteindre 671,5 millions d'euros fin septembre.

 


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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 11:07

ETP-octobre-2014.png

 

Les exchange traded products (ETP) continuent de gagner du terrain, avec une collecte nette de 37,3 milliards de dollars au niveau mondial en octobre 2014, selon le bilan mensuel de BlackRock. Ces produits de gestion cotés en bourse et généralement structurés en fonds (on parle alors d'ETF) permettent de construire rapidement des expositions de marché très liquides et le mois passé montrent bien l'usage réactif qu'en font les investisseurs. Car, une fois n'est pas coutume, ce sont les ETP investis en produits obligataires qui ont représenté une majorité de la collecte (19,9 milliards de dollars, soit un record historique), devançant les ETP investis en actions (17 milliards). On voit bien là le signe d'une montée de l'inquiétude sur la solidité de la croissance mondiale en cet automne 2014 et un flight to quality des investisseurs qui se traduit aussi au niveau des ETP par des dégagements de trois milliards de dollars sur les actions des pays émergents, notamment sur la Chine.

 

Ce nouveau mois de forte collecte pour les ETP, après un mois de septembre plus timide, amène ce marché à un nouveau record : il représente à fin octobre des actifs de 2.668 milliards de dollars au niveau mondial, les produits commercialisés aux Etats-Unis représentant à eux seuls 71% de ce chiffre. L’Europe ne représente quant à elle que 17,7% du marché mondial, même si la complexité de ce marché aux multiples places boursières fait que l’offre de produits y est plus abondante qu’aux Etats-Unis (2.249 supports d’investissement, contre 1.648 aux USA, selon BlackRock).

 

Analysés produit par produit, les flux d’investissement montrent à quel point la liquidité de ces instruments est importante. Sur le seul mois d’octobre, l’ETF iShares Core S&P 500 a ainsi enregistré de nouvelles souscriptions nettes de 8,4 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 14% de ses encours en un mois. A l’inverse, l’ETF PowerShares QQQ, qui réplique l’indice Nasdaq 100, a perdu en un mois un cinquième de son encours, soit plus de 10 milliards de dollars repris par les soucripteurs.

 

Quoi qu’il en soit, avec 11,3% de croissance depuis le début de l’année, le marché des ETP se dirige vers un nouveau millésime record.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 22:03

Avec un chiffre de 110,8 milliards d’euros à fin juin 2014, les actifs de l’épargne salariale affiche une hausse de 12% en un an et touchent un nouveau record. Ces encours, répartis entre plus de 11 millions de titulaires de dispositifs d’épargne en entreprise, sont constitués à 40% de fonds d’actionnariat salarié et 60% de fonds diversifiés.

 

L’épargne salariale confirme son statut de vecteur majeur de fonds d’investissement socialement responsable (18,8 milliards d’euros d’encours) et de fonds solidaires (3,9 milliards d’euros). Ces deux thématiques enregistrent chacune une croissance de 22% et l’ISR représente ainsi plus du quart des encours d’épargne salariale détenus via des fonds diversifiés. Ces chiffres publiés par l’Association française de gestion (AFG) montrent par ailleurs un net décollage du PERCO au premier semestre, avec 940 millions d’euros de souscriptions nouvelles sur des encours totaux de 9,7 milliards. 

 

Dans le secteur de l’épargne salariale, les parts de marché n’évoluent pas de manière rapide et on ne constate aucun changement dans le classement des dix premiers acteurs. Amundi conforte sa place de numéro un français de l’épargne salariale : la filiale du Crédit agricole gérait fin juin 41,5% des encours du secteur, soit une part de marché en progression de 1,3 point par rapport à fin 2013. Elle devance Natixis AM (20,8% de part de marché), BNP Paribas IP (9,5%) et CM-CIC AM (5,9%). En 11e place, l’indépendant ERES se distingue par son dynamisme avec des encours gérés qui ont évolué de 12,5% au cous du premier semestre, soit deux fois plus vite que le marché.

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 14:06

Yves Choueifaty 2« L’international n’existe pas. » La formule est brillante et on ne doute pas que son auteur, Yves Choueifaty (en photo), le soit aussi. Il a fondé en 2005 la société de gestion d’actifs Tobam à Paris mais a d’abord séduit hors de l’hexagone. « Nous avons d’abord eu des clients hollandais, puis britanniques, danois et suisses avant de convaincre des français et des américains », se souvient-il. La recette pour exporter un savoir-faire de gestion d’actifs ? « Il faut d’emblée réfléchir à un produit répondant à une problématique globale, pas chercher à adapter un produit local à une demande internationale », assène-t-il.

 

L’offre de produits de la société est déclinée sur 16 stratégies d’investissement au total, mais celles-ci se fondent toutes sur un concept unique, qui est à la fois une conviction forte et un excellent outil marketing : l’anti-benchmark ! Pour Yves Choueifaty, l’intérêt des indices boursiers commence et s’arrête au fait qu’ils représentent la somme de toutes les spéculations du marché à un moment donné. Mais la clé d’une bonne performance à long terme réside notamment, selon lui, dans la recherche d’une diversification maximale, ce que, précisément, les indices n’offrent pas. « On se souvient par exemple du poids des opérateurs télécoms dans les indices au moment de la bulle internet », rappelle Yves Choueifaty. Et bien sûr de la bérézina qui a suivi.


Le positionnement de Tobam a fait mouche et les actifs sous gestion progressent à un rythme de 40 à 50% par an, à l'exception de 2013 où ils ont doublé ! Au 30 juin 2014, ils dépassaient 6,3 milliards de dollars avec une répartition de clientèle assez atypique pour une société de gestion française : 23% en Amérique du Nord, 22% en Suisse, 17% en Scandinavie et... seulement 9% en France. « Notre stratégie a d’abord consisté à construire une légitimité en démontrant que les clients les plus exigeants pouvaient nous confier des actifs et nous sommes ainsi allés voir les cinq plus grands acteurs dans chaque pays, résume Yves Choueifaty. La deuxième étape consiste à mettre en levier cette légitimité via des partenariats. » Un premier accord a été conclu avec Amundi en mai 2012 et permet à Tobam de commencer à engranger des clients en Asie et au Moyen-Orient. Car si Tobam a déjà 91% de son business à l’export, la société n’entend pas en rester là et voit encore un gros potentiel sur certains marchés, notamment outre-Atlantique. « Nous avons d’abord traité les Etats-Unis depuis Paris mais nous avons ouvert un bureau à New-York fin 2013, raconte Yves Choueifaty. La place naturelle de l’Amérique du Nord dans notre business, c’est 50%. » Chez Tobam, le succès est déjà là, mais l’ambition semble intacte.

tobam-encours.png

 

 

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 10:00

neuflize.pngPour cet acteur majeur de la banque privée en France, l'ISR n'est qu'un composant d'une démarche plus globale.

Depuis quelques années, Neuflize OBC propose des mandats de gestion ISR combinant exclusion de secteurs (tabac, armement,...) et sélection des sociétés en se basant sur les notations ESG de l'agence Sustainalytics. Depuis 2013, une gamme complète de fonds ISR (ouverts, monétaires, actions et profilés) a été lancée, mais ce n'est qu'un début.

 

La suite sur lesechos.fr

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 09:04

Un des enjeux pour l'ISR est sa meilleure appréhension par un large public, d'où la logique de labellisation qui émerge depuis plusieurs années.

Novethic a lancé en France son label ISR il y a six ans et propose depuis l'an dernier un label destiné aux fonds verts. Au Luxembourg, LuxFLAG a fait l'inverse, débutant par l'environnement avant d'annoncer cette année un label ESG qui ne compte encore que trois fonds lauréats, dont un d'OFI, et dont la méthodologie se fonde sur une sorte d'audit. « De notre côté, nous défendons une vision qualitative consistant à filtrer l'offre ISR existante », rappelle Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice générale de Novethic.

La suite sur lesechos.fr

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 17:24

PEA-PME.JPGVoué à faciliter le financement des PME, ce nouveau produit d’épargne connaît un démarrage bien timide. Comment éviter que cette bonne idée tourne au fiasco ?

La France regorge de PME créatives et innovantes, mais elles ont du mal à trouver des financements sur les marchés et encore plus auprès des banques que les nouvelles contraintes réglementaires obligent à une cure d’amaigrissement. L’idée de départ du PEA PME, ce nouveau produit d’épargne lancé en début d’année, est justement de « flécher » l’épargne des Français vers ces petites entreprises en manque de financement. Si son fonctionnement est calqué sur le Plan d’épargne en actions (PEA), un produit qui a connu un grand succès, on ne peut investir au sein de cette enveloppe que dans des PME ou ETI (entreprises de taille intermédiaire), c’est-à-dire des entreprises ayant d’une part moins de 5.000 salariés et répondant d’autre part à un des deux critères suivants : un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou un total du bilan inférieur à 2 milliards. Le titulaire peut aussi investir via des fonds eux-mêmes investis majoritairement dans ce type d’entreprises. Mais, premier grain de sable dans l’engrenage, la loi de finance initiale pour 2014, instaurant le PEA PME, a finalement rejeté la possibilité d’inclure dans le PEA PME des investissements sous forme de titres de dette, comme des obligations convertibles. Dommage, car cela aurait pu convenir à des épargnants soucieux d’épauler de petites entreprises mais réfractaire au risque des actions.

 

PEA PME : des ratés à l'allumage

Le principal couac est cependant venu après. Alors que les pré ouvertures de PEA PME avaient démarré dès le mois de décembre chez certains intermédiaires et que le démarrage était prévu au 1er janvier, il a fallu attendre jusqu’au 5 mars le décret d’application de la loi, retardant d’autant la possibilité d’investir. Un mal typiquement français qui fait que certaines lois votées à l’assemblée ne sont tout simplement jamais appliqué, le décret n’étant jamais publié. Dans le cas qui nous occupe, le décret n’a d’ailleurs rien réglé, notamment sur l’éligibilité de certaines sociétés filiales de groupes plus importants, qui a encore fait débat pendant des semaines, certains cas n’étant toujours pas tranchés.

Ce cafouillage de départ n’est pas de bon augure pour le PEA PME et, de fait, le démarrage semble plutôt poussif. L’entreprise d’investissement Arkeon Finance a tenté d’estimer les montants investis. « Nous avons examiné l’argent qu’ont collecté les différents fonds éligibles au PEA PME depuis la publication du décret et fait l’hypothèse que les épargnants investissent à 90% via des fonds et à 10% en direct seulement », explique Aymar de Léotoing, stratégiste actions chez Arkeon Finance. Des hypothèses plutôt optimistes car les fonds en question peuvent aussi être souscrits au travers d’autres produits. Au mieux, les PEA PME déjà ouverts aurait ainsi collecté un peu plus de 260 millions d’euros, avance Arkeon Finance. Cela reste bien mince au regard des objectifs de 4,5 et 7,5 milliards d’euros à trois ans avancés par diverses sources au lancement du produit.

 

L'argent va-til vraiment vers les PME françaises ?

 Et ce n’est pas tout ! L’étude d’Arkeon estime que seulement 141 millions d’euros ont en fait réellement profité aux PME françaises. « Les gérants de fonds ont besoin d’investir dans des sociétés suffisamment liquides (c’est-à-dire avec des échanges boursiers suffisamment étoffés), explique Aymar de Léotoing. En effet, les épargnants peuvent retirer à tout moment leur épargne et il faut pouvoir les rembourser. On pouvait imaginer une sorte de ruissellement, c’est-à-dire qu’ils investiraient d’abord dans les plus grandes sociétés éligibles avant de s’intéresser aux plus petites. » Mais lorsque les gérants ont fait leur marché sur les sociétés les plus liquides, ils ont plutôt tendance à compléter leurs investissements par des sociétés étrangères éligibles, ce que le PEA PME autorise, législation européenne oblige.

Finalement, ce ne sont pas les sociétés  qui ont le plus besoin du PEA PME (et celles en faveur desquelles il était conçu) qui en profitent le mieux. En réalité, quelques savants calculs fondés sur les règles de répartition des risques des principaux fonds éligibles,permettent à Arkeon Finance de tirer un constat très négatif.« 85% des 438 sociétés cotées françaises éligibles au PEA PME n’entrent pas dans les critères des fonds gérant plus de 50 millions d’euros, estime Aymar de Léotoing. Et 37% ne sont suivies par aucun analyste financier. »

 

Des pistes d'améliorations possibles

Bref, entre les ambitieux objectifs du départ et la réalité qui se profile, un gouffre semble s’ouvrir. A moins qu’on ne décide de réaménager le produit. Une piste pourrait être de restreindre le PEA PME à des fonds n’ayant qu’une valeur liquidative hebdomadaire, voire moins fréquente encore. « Si on ajoutait à cela un préavis obligatoire d’une semaine pour les investisseurs souhaitant acheter des parts de fonds, cela permettrait aux gérants d’être moins préoccupés par le manque de liquidité de certaines valeurs », explique Aymar de Léotoing. Autre idée : contraindre les fonds à un seuil minimal d’investissement dans les valeurs du compartiment C d’Euronext et d’Alternext. C’est là qu’on trouve les startups encore peu connues et ayant de forts besoins de financement pour se développer.

En définitive, trop rapprocher les règles du PEA PME de celles de son grand frère le PEA pour lui faciliter le succès aura sans doute été une erreur. Saura-t-on la corriger ?

 

Emmanuel Schafroth

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 09:30

efficacite-energetique.JPGAprès le coup d'arrêt de la crise financière, le développement des énergies renouvelables en France et en Europe est reparti de l'avant. Et les financements affluent !

 

Pour promouvoir les énergies renouvelables, il ne suffit pas d'aimer les fleurs et les papillons, il faut beaucoup d'argent. Les projets de centrales photovoltaïques ou les fermes d'éoliennes représentent en effet des investissements très importants. Il n'est donc guère étonnant que la crise financière ait eu un impact sur le développement du secteur? Pour autant, celui-ci poursuit son développement. En France, la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie est ainsi passée de 10,3% en 2005 à 13,4% en 2012, ce qui nous place - qui l'eût cru ! - devant les Allemands (12,4%). Mais nos voisins d’outre-Rhin ont progressé bien plus rapidement puisque les énergies renouvelables ne pesaient que 5,8% chez eux en 2005.

 

Transition énergétique : encore du pain sur la planche

Le chemin est encore long pour atteindre l’objectifs fixé par une directive européenne de 2009 d’atteindre 20% de renouvelables dans le « mix » énergétique à l’horizon 2020. Mirova, filiale de Natixis qui a lancé dès 2002 le premier fonds français dédié aux énergies renouvelables, a commandé une étude au cabinet EY afin de chiffrer les besoins nécessaires pour arriver à ce cap. « Il manque 112 gigawatts de capacités additionnelles au niveau européen, ce qui correspond à des besoins de financement de 236 milliards d’euros », résume Raphael Lance, responsable des fonds énergies renouvelables chez Mirova. C’est essentiellement dans l’éolien terrestre que l’on doit tenir la cadence, avec 65 gigawatts de capacités nouvelles à construire, le reste se répartissant entre des centrales solaires photovoltaïques ou de biomasse. Pour financer ce type d’infrastructures, coûteuses mais générant ensuite des revenus assez stables, on peut recourir à un endettement assez élevé sans mettre en péril les projets : il faudra donc « seulement » 71 milliards d’euros de fonds propres pour financer ces projets. « Rien qu’en France, il faut construire 13 gigawatts de capacités nouvelles, soit des investissements de 8 milliards d’euros », indique Raphael Lance. Le chiffre qui peut sembler astronomique mais doit être mis en parallèle avec les 11 milliards d’euros actuellement investis par des investisseurs institutionnels dans des projets d’énergies renouvelables en Europe.

 

Un secteur attrayant financièrement

Car les énergies renouvelables sont redevenues un secteur attrayant pour les financiers. Le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre sont des technologies arrivées à maturité, les grands problèmes techniques appartenant au passé. Ajoutons à cela des évaluations plus fiables qu’auparavant des sites et on comprend que le risque de déception sur un projet a singulièrement baissé. Et surtout, loin de l’image de secteur subventionné qui leur est encore trop souvent attaché, ces modes de production sont désormais compétitifs, notamment grâce à une baisse de 65% des coûts de construction dans le photovoltaïque entre 2010 et 2012. « A environ 80 euros du mégawattheure, l’éolien terrestre a aujourd’hui un coût équivalent au charbon et inférieur de 10 euros à celui des centrales nucléaires traditionnelles », explique Raphael Lance. Quant au prix de l’énergie photovoltaïque, il est un peu supérieur à 100 €/MWh, ce qui correspond peu ou prou à celui estimé pour le nucléaire de nouvelle génération, type EPR. Pour les investisseurs, il en résulte une espérance de performance de 10% par an environ, dont 5% environ de rendement, versé tous les ans sous forme de dividendes. Après avoir levé 46 millions d’euros sur son premier fonds en 2002 et 94 millions d’euros sur son deuxième en 2008, Mirova espère attirer 200 millions d’euros sur Eurofideme 3, lancé ces jours-ci. On peut seulement regretter qu’il ne soit accessible qu’aux investisseurs professionnels, avec une souscription minimale de 5 millions d’euros. Ce type d’investissement semblerait en effet attrayant pour des particuliers dans le contexte actuel, même s’il suppose une immobilisation des fonds pendant 10 ans. Gagner de l’argent en contribuant à sauver la planète et à défendre la souveraineté énergétique de l’Europe, que demander de mieux ?

 

Les objectifs sont-ils tenables ?

Reste à savoir si l’objectif de 20% d’énergies renouvelables en 2020 sera atteint. Au niveau européen, cela semble largement accessible, grâce à des pays comme le Royaume-Uni, où il y a déjà suffisamment de projets nécessaires en cours de développement pour atteindre l’objectif. C’est moins le cas en Allemagne et en France, où l’objectif national a été ambitieusement fixé à 23%. Dans notre pays connu pour ses lourdeurs administratives, certains projets lancés en 2002 ou 2003 sont à peine en train de surgir de terre. Le projet de loi sur la transition énergétique présenté par Ségolène Royal a au moins le mérite de ne pas inciter à relâcher les efforts. Il fixe un nouveau cap pour la France : 32% d’énergies renouvelables en 2030.

 

Emmanuel Schafroth


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