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Etre payé en échange de son silence, c'est un peu le principe des ADP. Mais ne voyez là aucune pratique de type mafieux ! Une Action à Dividende Prioritaire bénéficie tout simplement d'un dividende amélioré par rapport à celui versé aux porteurs de l'action ordinaire, avantage en échange duquel ce titre particulier est dépourvu de droit de vote en assemblée générale.
Pour les petits porteurs, ce type de placement a souvent l'avantage d'être décoté par rapport à l'action ordinaire. L'équation est donc simple : un prix inférieur + un dividende supérieur = un rendement sensiblement meilleur. Ainsi, l'ADP Casino, qui cote 42,50 euros ce matin, offrira le 28 mai prochain un dividende de 2,57 euros (soit 6 % de rendement), alors que l'action ordinaire ne servira que 2,53 euros et, surtout, vaut près de 49 euros, ce qui donne un rendement de 5,2 %. CQFD !
Mais l'ADP Casino appartiendra bientôt au passé ! Le groupe a en effet décidé, à l'unanimité de son conseil d'administration, de convertir les ADP en actions ordinaires, à raison de 6 actions ordinaires pour 7 ADP. Une opération qui devrait avoir lieu dans la foulée du versement du dividende, c'est-à-dire vers la mi-juin, si elle est validée par l'assemblée générale du 19 mai.
Une page de l'histoire boursière se tourne ! Apparues en 1983 en même temps que les certificats d'investissement, les ADP n'ont jamais connu un succès retentissant. Des sociétés comme Legrand ou Essilor en ont émis en leur temps, avant de procéder à leur conversion en actions ordinaires, afin de permettre une meilleure lisibilité boursière de la société.
Une autre page se tourne, pour Casino. Le départ-surprise de son directeur financier, Michel Favre, arrivé en juillet 2006, vient d'être annoncé. Il part avec les honneurs, ayant fortement contribué à l'amélioration des ratios financiers du groupe, grâce notamment à un plan de cession d'actifs de 2,5 milliards d'euros.
Michel Favre sera remplacé, vraisemblablement en avril, par Antoine Giscard d'Estaing, un neveu de l'ancien Président de la République ayant déjà occupé des fonctions financières chez Suez-Lyonnaise, Schneider Electric ou Danone. On lui souhaite meilleur vent que la sévère bourrasque qui a réduit le Club Méditerranée, dirigé par son cousin Henri, à l'état de small cap. Le spécialiste des villages de vacances capitalise désormais moins de 200 millions d'euros, après une chute boursière de plus de 70 % en un an.