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Une bonne résistance, mais peu de visibilité ! Voilà en substance la situation dans laquelle se trouve Pierre & Vacances, qui publiera le 28 mai des résultats semestriels qu'on suivra avec attention.
On connaît d'ores et déjà le chiffre d'affaires de la période (octobre 2008-mars 2009). Il s'est établi à 613,1 millions d'euros, en progression de 2,6% à données comparables. Cette évolution résulte d'une légère érosion (-0,8%) du chiffre d'affaires tourisme (78% de l'activité, principalement via les enseignes Pierre&vacances, Maeva et Center Parcs), compensée par un dynamisme de la branche "développement immobilier" : +17,1% sur le semestre !
Cette dernière activité devrait continuer à afficher de bonnes performances, grâce au stimulus fiscal de la loi de finances rectificative pour 2009 (extension de la loi Scellier aux résidences de tourisme).
Mais quid de l'activité de location de vacances ? L'an dernier, en publiant ses résultats semestriels, le groupe avait donné un objectif clair sur l'exercice 2007/2008, anticipant un résultat opérationnel courant annuel compris entre 95 et 100 milions d'euros, objectif qui allait d'ailleurs être dépassé. Mais, cette année, certains analystes estiment que Pierre & Vacances ne sera pas en mesure de chiffrer ses ambitions.
Lors de la dernière publication, le 16 avril dernier, le groupe indiquait que les réservations touristiques enregistrées étaient "insuffisamment significatives pour extrapoler le chiffre d'affaires du deuxième semestre."
Reste à savoir si la visibilité s'est améliorée un mois plus tard, ce qui n'a rien d'évident. Ce n'est pas tant que les vacanciers arrêtent de voyager à cause de la crise, mais ils ont de plus tendance à se décider au dernier moment, plutôt que de prévoir longtemps à l'avance leur destination. Or, l'activité du deuxième semestre (avril-septembre) est déterminante, puisqu'elle représente en moyenne près de 60% du chiffre d'affaires annuel, le premier semestre affichant traditionnellement une légère perte.
Le raccourcissement du délai moyen de réservation et le manque de visibilité qui en résulte ne sont pas l'apanage de Pierre & Vacances et touchent l'ensemble du secteur : Club Med a ainsi fait état fin avril de réservations en recul de 17% sur un an glissant (-7% pour Voyageurs du Monde).
Le véritable souci est que les consommateurs se lancent dans une "chasse à la promotion" de manière plus forte que d'habitude, ce qui aurait un impact plus marqué sur les bénéfices que sur le chiffre d'affaires. Par son activité, Pierre & Vacances est relativement protégé, les Français ayant tendance à privilégier en ce moment les destinations de proximité.
Reste que les résultats 2008/2009 devraient pâtir du contexte actuel : les analystes de Natixis Securities attendent ainsi un chiffre d'affaires annuel en recul de 4%, à 1,37 milliard d'euros, et surtout un bénéfice net en recul de 37,7%, à 45,7 milions d'euros !
Après la belle reprise boursière enregistrée depuis janvier (+37%), le parcours du titre s'annonce plus difficile...