Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Petites et grandes nouvelles du monde de la finance : sociétés cotées, sicav, fonds, produits financiers,...

Publicité

Yves Bouget, PDG de HF Company, répond aux questions de newsfinance

Présent dans les marchés de l’accès internet, de la télévision numérique, du multimédia ou encore de la domotique, HF Company est à sa manière un acteur de la convergence numérique. Son PDG revient pour newsfinance.fr sur le parcours d’un groupe qui  a su préserver une bonne rentabilité en 2008 malgré un contexte très difficile. Cela reste son objectif principal cette année… en attendant des jours meilleurs !



newsfinance.fr : La réception TV va-t-elle rester votre premier métier en 2009, malgré la croissance zéro enregistrée au premier trimestre dans cette activité ?

Yves Bouget : Certainement, et son poids relatif dans le chiffre d’affaires de HF Company devrait même s’accroître, grâce au phénomène du switch off (extinction du signal hertzien analogique) dans certains pays. Lorsqu’un pays passe à la télévision numérique (ce qu’on appelle en France la TNT), ce sont d’abord les gens les plus fortunés qui adoptent le système... et en profitent pour acheter un écran plat haute définition ! Ensuite, les classes moyennes s’équipent et, au moment où le signal analogique disparaît, il y a une forte volumétrie sur le marché des adaptateurs numériques tels que ceux que nous vendons, les retardataires étant contraints de s’équiper rapidement. Nous sommes entrés en période de switch off en Espagne et en Italie, ce qui nous promet un marché dynamique pendant 12 à 18 mois, le processus se faisant région par région. Ensuite viendra le tour de la Pologne, de la Tchéquie, de la Slovaquie et, bien sûr, de la France. C’est en 2010/2011 que nous attendons le pic de volume sur les adaptateurs TV numériques.

NF : Que deviendra ce métier ultérieurement chez HF Company ?

YB : Nous commençons évidemment à nous poser la question mais nous avons 4 à 5 ans de tranquillité devant nous et peu de métiers présentent une telle visibilité. HF Company est né en 1988 sur le métier des antennes terrestres analogiques, nous sommes ensuite passés en 1992 à la réception satellitaire analogique, puis au numérique, en sortant toujours du changement de technologie avec une position de leader.

NF : Une des qualités revendiquées par votre société est précisément son agilité. Comment définieriez-vous l’organisation de votre groupe ?

YB : Pour faire une analogie entre le monde de l’entreprise et la nature, notre organisation se fonde sur le constat que ce n’est pas l’animal le plus gros qui mange le plus petit, mais le plus rapide qui mange le plus lent ! Pour stimuler notre réactivité, nous essayons de prendre le meilleur des deux mondes entre l’organisation de type anglo-saxon, par business units (organisation par métier), et le modèle fédératif, plus français. Le groupe est piloté par un holding, structure légère qui définit les orientations stratégiques et regroupe les fonctions centrales, comme l’informatique. Ainsi, un logiciel de gestion propre a été développé au fil des années et toute nouvelle société achetée par le groupe passe très rapidement aux procédures de gestion du groupe.

Le holding est aussi un QG qui pilote des filiales opérationnelles chacune focalisée sur un métier et une marque forte : Metronic pour la réception TV, LEA dans les télécoms, Avidsen dans les automatismes de portails et portiers vidéo. Chaque filiale dispose d’un directeur général et d’un directeur financier qui sont responsables de la gestion de leur entité. C’est grâce à ce modèle souple que nous gagnons de l’argent tous les ans depuis maintenant 21 ans.


NF : Pourquoi avoir choisi de maintenir votre dividende alors que le contexte économique incite à la prudence ?

YB : La conjoncture est effectivement difficile et on s’apercevra sans doute en septembre que le nombre d’entreprises en difficultés est même supérieur à ce qu’on croit. Mais nous avons voulu récompenser la fidélité des actionnaires et nous en avions les moyens. Nous étions endettés à hauteur de seulement 12% des fonds propres fin 2008 et ce ratio devrait tomber entre 6 et 7% fin 2009. Nous avons eu une gestion très prudentielle quand tout le monde nous conseillait de nous endetter et nous avons « en réserve » le montant de 20 millions d’euros levé en juillet 2007 par emprunt obligataire pour financer une acquisition qui n’a finalement pas eu lieu.

NF : Justement, pour ce qui est de vos prochaines acquisitions, auront-elle lieu plutôt en France ou à l’étranger ?

YB : Le monde est fait de concurrence ! Nous sommes déjà leaders sur la réception TV en France et acheter des parts de marché supplémentaires, c’est en quelque sorte commencer à prendre le risque d’en perdre. Il est donc vraisemblable que nous cherchions plutôt des acquisitions à l’étranger sur des lignes de métier où nous sommes déjà présents.

NF : Dans votre chiffre d’affaires du premier trimestre 2009, l’activité « internet haut débit » constitue le point noir, avec un chiffre d’affaires en recul de 24%. A quand le redémarrage ?

YB : Avec LEA, nous sommes devenus leader mondial sur le marché professionnel des fitres ADSL. Jusqu’en septembre dernier, ce métier générait environ 1 millions d’euros par mois aux Etats-Unis, où notre activité est ensuite tombée à zéro. Le redémarrage sera stimulé par les divers plans de relance. Nous chiffrons à environ 9 mois leur délai de mise en place, ce qui nous amène à tabler sur un redémarrage à partir du quatrième trimestre 2009. A plus long terme, il y a un facteur très positif pour HF Company : un pays qui veut sortir par le haut de la crise actuelle ne peut pas se permettre de laisser de côté l’économie numérique. Les Etats-Unis payent encore le prix du démantèlement de l’opérateur télécom AT&T il y a 10 ans et sont en retard sur le haut débit. Le potentiel est également très important en Asie émergente… autant de marchés dont HF Company peut espérer profiter.

NF : Pas de prévisions de chiffre d’affaires pour 2009 ?

YB : Nous ne prévoyons pas d’effondrement, mais quant à savoir si notre chiffre d’affaires sera en hausse de 4 ou en baisse de 4%... il est encore tôt pour le dire. Ceci étant, le plus important reste de conserver une rentabilité honorable : c’est pourquoi nous travaillons en permanence à adapter nos coûts au chiffre d’affaires.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article