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Question : pourquoi le groupe M6 surperrforme-t-il nettement l'indice CAC 40 depuis un an, alors qu'on dit le secteur des médias en crise ? Voici quelques éléments de réponse.
Rattrapage. En un an, le titre M6 affiche une performance positive ( +4%), alors que l'indice CAC40 reste en recul de 17% sur la même période, malgré son récent rebond. Il faut tout d'abord y voir un effet rattrapage : alors que l'indice-phare parisien s'est effondré en 2008, c'est dès 2007 que M6 - comme ses concurrents - avait commencé à flancher, l'action dégringolant d'un tiers sur l'année. Les investisseurs s'étant dégagés massivement du titre avant le déclenchement de la crise financière, celle-ci a eu logiquement moins d'impact.
Agileté. Surtout, comparé à TF1, M6 est un peu un hors-bord face à un paquebot : il emporte moins de passagers (i.e. son audience est nettement inférieure à celle du leader), mais se révèle infiniment plus maniable. En l'occurrence, une des qualités de M6 par rapport au leader de son marché est de savoir suivre de plus près les tendances de son métier. N'est-ce pas la chaîne qui a introduit la télé-réalité en France, en 2000, avec Loft Story ? Chez TF1, on considére alors cela comme de la "télé-poubelle"... avant de tourner bien vite casaque devant le succès foudroyant remporté par M6.
L'Amour est dans le pré est un des derniers exemples des émissions à succès dont M6 a le secret. Lors de la première saison, en 2006, ce reality show version campagne avait généré des recettes publicitaires brutes de 575.000 euros par épisode. Le chiffre est trois fois supérieur (1,5 million d'euros) pour la saison diffusée entre juin et août 2009, selon les données de l'institut Yacast.
Nouvelle donne. La télévision numérique terrestre a été le grand challenge du secteur ces dernières années, car elle fait exploser le nombre de chaînes gratuites. Non seulement M6 peut se féliciter d'une relative résistance de son audience, mais le groupe a lancé avec succès sa deuxième chaîne généraliste, W9. Elle a moins de 5 ans d'existence mais représente déjà une part d'audience nationale de 2,6% (août 2009; source : Médiamétrie) et touche 32,8 millions d'individus par mois. Des chiffres comparables à ceux de Canal+ !
Cash is king. Les qualités de M6 se voient dans les chiffres ! Le groupe a réalisé un bénéfice net de 80 millions d'euros au premier semestre 2009, en très légère croissance par rapport à 2008, malgré un contexte pour le moins perturbé. Les analystes anticipent certes pour 2009 un bénéfice d'exploitation en recul de 17%, à 161 millions d'euros, mais c'est un moindre mal comparé aux prévisions concernant TF1 (un bénéfice d'exploitation attendu en chute de 93%, à 12 millions d'euros).
Enfin, alors que M6 dispose déjà d'un bilan solide, avec 33,5 millions de trésorerie nette au 30 juin 2009, un pactole lui est promis début 2010, avec l'échéance de l'option de vente dont dispose le groupe sur les 5,1% de Canal+ France qu'il détient depuis le rapprochement Canal+/TPS. La valeur-plancher de cette option est de 384,2 millions d'euros, ce qui représente près de 19% de la capitalisation boursière actuelle du groupe.