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C'était il y a un an ! Lehman Brothers, une des institutions financières les plus respectées du monde, pulvérisait un record détenu depuis juillet 2002 par l'opérateur de télécoms Worldcom, celui de la plus grosse faillite de l'histoire du capitalisme : 691 milliards de dollars d'actifs partis en fumée !
Le laissez-faire des autorités américaines n'allait pas tarder à être considéré universellement comme une faute majeure, fragilisant un grand nombre de banques dont les activités étaient fortement imbriquées avec celles de Lehman, à la manière d'un chateau de cartes qui ne tardait pas à s'effondrer.
La crise des subprimes déferlait alors, permettant aux établissements les plus sains de racheter à bon compte les concurrents défaillants, ce que fit le britannique Barclays en acquérant certains actifs américains de Lehman pour 1,75 milliards de dollars.
Et ne voilà-t-il pas que Lehman, ou ce qu'il en reste, poursuit Barclays en justice pour "profits indus" tirés de ce rachat à bon compte. Certes, l'acquisition des restes fumants de Lehman par Barclays peut être taxée de très opportuniste. Mais cet opportunisme-là ressemble à un sauvetage. Celui des dirigeants de Lehman, qui a consisté à profiter de la réputation sans faille de cette banque d'affaires pour contaminer la planète finance avec des produits pourris, est sans doute encore plus détestable et plus dangereux que celui d'un Madoff. Ne confondons donc pas le pompier et l'incendiaire !
Sont notamment réclamés à Barclays deux milliards de dollars de primes qui auraient été promis aux anciens salariés de Lehman. C'est sans doute cela qu'on appelle une prime à la casse !