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Le leader mondial de l'hôtellerie vient de céder les murs de 158 hôtels sous enseigne hotelF1 (ex-Formule 1) à un consortium d'investisseurs. Cela permettra à Accor de réduire son endettement de près de 200 millions d'euros... tout en continuant à gérer le parc d'hôtels cédé.
L'opération. Créés en 1984 par le groupe, les fameux "Formule 1" ont été un concept pionnier et souvent imité de l'hôtellerie low-cost. Accor va céder les murs de ses 158 établissements, représentant 12.300 chambres, pour 272 millions d'euros, à un Organisme de Placement Collectif en Immobilier (OPCI), dont les investisseurs sont CNP, Crédit Mutuel, les Caisses d'Epargne et... Accor lui-même, pour 10% du capital.
Le groupe conservera donc un intérêt minoritaire dans ces actifs et, surtout, il continuera à les gérer sur longue période puisqu'il en devient le locataire via un bail de 12 ans, renouvelable 6 fois à son initiative. Voilà qui lui laisse un peu de visibilité sur l'avenir !
Pourquoi ? Grâce à cette opération, Accor va pouvoir se désendetter à hauteur de 187 millions d'euros. Rappelons qu'au 30 juin, son endettement atteignait 1,96 milliard d'euros, soit 64% des fonds propres. Une situation assez tendue - surtout dans le contexte de crise actuel - qui a amené le groupe à lancer des restructurations, à céder sa participation dans Club Med au plus mauvais moment, ou encore à se refinancer sur le marché obligataire.
Mais la cession des hotelF1 n'est pas seulement à considérer comme une opération de refinancement. Le bail signé avec l'OPCI acheteur prévoit des loyers variables, sans minimum garanti au propriétaire : ils seront de 20% du chiffre d'affaires réalisé en moyenne. Ce dispositif permet une variabilisation des coûts qui limitera l'impact sur les résultats des périodes creuses.
Et après ? On peut donc tabler sur le fait que cette opération, à la fois significative par son ampleur et symbolique par la marque qu'elle touche, ne sera pas isolé. Accor exploite encore près de 100.000 chambres en pleine propriété, soit 20% de son parc. Et l'on peut imaginer que le groupe continue à migrer vers un modèle minimisant les charges fixes.
D'ores et déjà, cette reprise des mesures d'optimisation financière est vue d'un bon oeil par certains analystes. Ceux de Natixis viennent de relever leur objectif de cours de 43 à 44 euros sur le groupe... et attendent une suite à cette annonce.