Petites et grandes nouvelles du monde de la finance : sociétés cotées, sicav, fonds, produits financiers,...
Dans la série des paradoxes (voir aussi à ce sujet notre article de ce matin), en voici un de taille ! La zone géographique où l'activité de Linedata Services, éditeur de logiciels financiers dont les clients sont des banques et des assureurs, a été la plus dynamique en 2008 est... l'Amérique du Nord, c'est à dire le foyer même de la crise financière actuelle.
L'entreprise y a enregistré une progression de 13,6 % de son chiffre d'affaires, à données comparables. Pour l'ensemble du monde, la croissance interne est de 2,5 %, malheureusement contrebalancée par un effet devise négatif.
Certes, les résultats 2008 ne sont pas flamboyants, avec un chiffre d'affaires en recul de 2,5 %, à 160,7 millions d'euros et un résultat d'exploitation qui plonge de 65 %, à 7,8 millions. Mais, en mettant l'accent sur la génération de trésorerie et les baisses de coûts, Linedata est cependant parvenue à réduire son endettement de 30 à 20 millions d'euros. Voilà qui est plutôt une bonne nouvelle, dans un environnement qui reste difficile. Cela a permis à la société de rembourser en janvier une échéance d'emprunt de 14,9 millions d'euros et doit plus permettre de faire face aux prochaines (environ 8 millions d'euros par an d'ici à 2013).
Surtout, une grande partie de l'activité (60 % en 2008) est de nature récurrente. Il y a grosso modo deux manières de vendre un logiciel :
- soit concéder une licence perpétuelle, ce qui constitue le modèle classique, le client achetant l'usage du produit une fois pour toutes;
- soit facturer un abonnement mensuel pour l'usage du produit.
La première manière permet de reconnaître un chiffre d'affaires plus important à la signature du contrat, mais présente le désavantage d'une forte cyclicité des revenus. La deuxième, privilégiée par Linedata depuis plusieurs années, permet au contraire de lisser le chiffre d'affaires et offre une bien meilleure visibilité. Un atout dans une conjoncture difficile.
C'est ainsi que Linedata commence l'année avec un backlog (chiffre d'affaires "assuré" par les contrats déjà signés) de 105 millions d'euros, soit les deux tiers du chiffre d'affaires 2008. Cela permettra au groupe d'éviter le pilotage à vue, surtout qu'il conserve un potentiel de réduction des coûts, notamment par le recours plus ou moins élevé à l'intérim.
"Les hedge funds ne représentent que 14 % de notre chiffre d'affaires", tient aussi à rappeler Anvaraly Jiva, le Président du Directoire. Les principaux clients du groupe sont de grands établissements bancaires (Crédit Agricole, Société Générale) ou des assureurs, lesquels sont plutôt en retard sur les banques en matière d'équipement logiciel.
Les nouvelles normes de sécurité financière qui ne devraient pas manquer de fleurir après la crise qui a débuté à l'automne pourraient aussi favoriser l'activité de la société, qui ne donne cependant pas d'indications chiffrées pour 2009.
Le début d'année apporte tout de même son lot de bonnes nouvelles avec le démarrage d'un nouveau contrat, le septième, concernant l'offre Noee (logiciel dédié à la gestion de l'épargne salariale). Dans ce secteur, Linedata peut revendiquer une position archi-dominante en France, avec des clients comme Société Générale, Crédit Lyonnais, Axa ou HSBC.
En attendant l'heure de la reprise, le groupe reste vigilant et ne proposera que 12 centimes de dividende par action au titre de 2008, contre 30 centimes un an avant. Une prudence qui, pour l'heure, ne rassure pas le marché...