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Petites et grandes nouvelles du monde de la finance : sociétés cotées, sicav, fonds, produits financiers,...

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La grosse décote de Lafarge

S'il on avait un doute concernant la difficulté actuelle des entreprises à lever de l'argent, les modalités de l'augmentation de capital que vient de lancer Lafarge en donnent un nouveau signe.

L'assemblée générale extraordinaire qui s'est tenue hier a approuvé cette opération d'un montant de 1,5 milliard d'euros. Mais le cours auquel se fait cette augmentation de capital peut surprendre : les actions nouvelles seront émises à un prix de 16,65 euros, soit une décote de 51 % par rapport au cours d'hier soir.

Il est habituel que les augmentations de capital se fassent avec décote, afin de créer un "effet d'aubaine", à la manière des soldes, s'il on veut ! Mais une telle réduction est très rare... sauf en ce moment !

Elle démontre bien que les besoins financiers des entreprises sont urgents et difficiles à satisfaire. Vendre les titres nouveaux à la moitié du prix boursier, c'est en quelque sorte forcer la main aux actionnaires existants : s'ils ne souscrivent pas, il voient leur part dans le capital diminuer mécaniquement (en jargon financier, on appelle cela "se faire diluer"). Dans le cas de Lafarge, l'opération aboutira à la création de 90 millions de titres nouveaux, à comparer aux 195 millions déjà en circulation : un actionnaire qui aurait 1 % du capital avant l'augmentation de capital et n'y souscrirait pas se retrouverait après l'opération avec seulement 0,7 % du capital, donc de la valeur de l'entreprise, entre les mains.

Pour compenser cette perte de valeur, les augmentations de capital peuvent prévoir d'accorder un droit préférentiel de souscription aux actionnaires existants (c'est le cas de celle de Lafarge), droit qu'il pourront céder à des souscripteurs potentiels non encore actionnaires.

Dans un tel cas de figure, le risque est que le marché prenne panique devant l'ampleur de la décote, qui peut être un signe de grande difficulté financière de l'entreprise, et vende en masse le titre. Celui-ci peut ainsi venir s'aligner vers le prix de l'augmentation de capital et la valeur du droit de souscription tend alors vers... zéro !

On n'en est pas encore là pour Lafarge, société qui est un des premiers bénéficiaires des plans de relance. Les analystes de Natixis prévoient que l'entreprise sera largement rentable en 2009, avec un bénéfice net de 1,2 milliard d'euros. Mais ils ont cependant abaissé de 55 à 40 euros leur objectif de cours

Toujours est-il que le marché réagit plutôt mal ce matin. Pour l'heure, le titre abandonne pas loin de 5 % et  il sera intéressant de suivre son comportement les prochains jours. La clôture de la souscription à l'augmentation de capital est prévue le 15 avril à la clôture du marché.

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