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Publicis figure ce matin parmi les plus fortes hausses du de l'indice SBF120. Certes, le groupe de communication vient de publier des résultats en recul sensible, mais il affiche une résistance assez remarquable aux aléas actuels de son métier.
La baisse du marché publicitaire mondial au premier semestre 2009 est estimée entre 13% et 15%, rappelle Publicis dans le communiqué publié ce matin concernant ses résultats du premier semestre. Autant dire que le groupe, numéro quatre mondial du secteur, marque sur des oeufs dans la conjoncture actuelle. Et ce, d'autant plus qu'il a souffert cette année de la défaillance d'un de ses clients, et non des moindres... General Motors ! Un accident qui a conduit Publicis à passer une provision de 9 millions d'euros.
Dans ce contexte particulièrement sombre, les résultats publiés ce matin démontrent une belle résistance du groupe. Le revenu (équivalent du chiffre d'affaires pour les métiers de la communication) a ainsi connu un recul limité à 6,6% à données constantes, pour atteindre 2,2 milliards d'euros. Cette baisse d'activité se traduit par une chute plus prononcée des bénéfices (-19,7% pour le résultat opérationnel, à 257 millions d'euros), malgré les efforts du groupe pour adapter ses coûts.
Cependant, le taux de marge opérationnelle reste élevé, à 13% du revenu, contre 15% un an plus tôt. Et le résultat net demeure largement positif, à 167 millions d'euros, soit une marge nette de 7,6%. Meilleur élève du secteur en matière de rentabilité, Publicis parvient ainsi en période de crise à conserver une rentabilité dont certains de ses concurrents se contenteraient en temps normal. Et le groupe est parvenu à diminuer à nouveau son endettement : la dette nette moyenne a atteint 1002 millions d'euros au premier semestre 2009, contre 1036 millions un an plus tôt.
Les grandes orientations stratégiques du groupe ces dernières années expliquent en bonne partie sa capacité de résistance. Les pays émergents représentent ainsi près de 22% de l'activité et n'ont reculé que de 3,7% au premier semestre, permettant d'amortir le choc. Mieux encore, les activités de communication numérique, où Publicis a pris une place de choix en rachetant Digitas en 2007, ont progressé de 5,7% sur la période.
Publicis constate une dégradation de la tendance entre le premier et le deuxième trimestre, où la baisse d'activité atteint 8,6% à données constantes. Le groupe estime que le point bas est en passe d'être atteint sur la période juillet-août, et espère "une remontée lente" dès septembre, le retour à une croissance positive n'étant attendu, lui, que mi-2010.
Quoi qu'il en soit, Publicis semble avoir les reins suffisamment solides pour se sortir sans encombre de l'ornière, d'autant que la rapide sortie du régime des faillites de son client General Motors est une très bonne nouvelle.
Pour l'avenir plus lointain, la capacité confirmée du groupe à conquérir de nouveaux clients en est une autre. Depuis le début de l'année, Publicis a ainsi repris le budget mondial de Carrefour, que Havas lui avait subtilisé il y a 5 ans, et signé de gros contrats avec China Mobile, BMW, Wrigley ou encore BNP Paribas/Fortis. Au total, les gains nets de nouveaux budgets se chiffrent à 3,2 milliards de dollars sur le semestre, selon le classement Nomura, ce qui place Publicis devant tous ses concurrents.
Vers 11h05, le titre grimpe de 4%, à 22,89 euros, ce qui porte à plus de 24% le rebond depuis le début de l'année.Publicis Publicis