Petites et grandes nouvelles du monde de la finance : sociétés cotées, sicav, fonds, produits financiers,...
La panique sur les valeurs bancaires semble déjà appartenir au passé. Depuis leurs points bas touchés début mars, des titres comme Société générale et BNP Paribas ont tout simplement doublé !
Face à ses géants du secteur, aux ramifications internationales, nous vous recommandions début avril de vous intéresser à des acteurs plus facilement appréhendables par l'investisseur et offrant de forts rendements, les caisses régionales du Crédit Agricole (voir notre article).
Dans un genre différent, Boursorama peut aussi être vu par l'investisseur comme une banque alternative. Il pourrait sembler superflu de présenter la société à des gens qui surfent en ce moment même sur un site internet financier, mais quelques précisions peuvent cependant être utiles.
Rappelons que la société actuellement dénommée Boursorama trouve son fondement dans le rachat, en 2002, du site d'informations boursières Boursorama par le courtier en ligne Fimatex, filiale de la Société générale, pour 44 millions d'euros. Dès le départ, cet acteur hybride, à cheval sur une activité média (petite mais rentable) et un métier d'intermédiaire (plus important en revenus, mais en perte) affiche une double ambition : devenir rentable dès 2003 (cela prendra un an de plus) et décorréler une bonne partie de son activité de la conjoncture boursière.
En élargissant au fil des ans son activité, le groupe est aujourd'hui devenu une véritable banque en ligne, mais pas encore une banque comme les autres. Ainsi, Boursorama ne propose pas de crédits à la consommation, ne fait pas de financement d'entreprises et n'a pas d'activités de marchés ou de gestion d'actifs.
On ne trouve donc pas dans sa palette de métiers ceux qui ont le plus souffert de la crise financière. Mieux, comme la société a d'abord proposé des placements avant de se lancer dans le crédit, les prêts accordés aux clients représentent seulement 88 % du montant des dépôts des mêmes clients, alors que le chiffre dépasse largement les 100 % dans les principaux établissements financiers. Un ratio plutôt rassurant si l'on craint la défaillance de certains clients.
Dans un contexte boursier catastrophique l'an dernier, les résultats 2008 de Boursorama ont remarquablement résisté. Le produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires) a reculé de seulement 4 %, l'Espagne étant le seul pays où la chute est forte (le groupe est aussi présent en Allemagne, au Royaume-Uni et en France, bien sûr, notre pays comptant pour 68 % de l'activité environ).
L'objectif de décorrélation des marchés boursiers affiché en 2002 semble bel et bien atteint, ce que confirme la répartition des revenus. Le courtage en ligne reste la première activité (39 %), mais la banque, par nature plus stable, est presque au même niveau (36 %), devant l'activité média (12 %) et l'épargne (8 %).
Et Boursorama, qui revendique le fait que 52 % de ses clients n'ont payé aucun frais bancaires l'an dernier, est une parfaite illustration de la résistance des modèles d'entreprise "low-cost" en période de crise. sans doute un meilleur exemple que celui retenu par Libération dans son dossier de vendredi sur les "entreprises qui ne connaissent pas la crise" (voir notre billet).
En 2009, la société entend dupliquer le modèle français en Allemagne, suite aux restructurations effectuées dans le pays, et lancer une banque directe en Espagne (en mai). Un seul regret... le versement d'un dividende ne figure toujours pas parmi les priorités.