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L'investissement socialement responsable (ISR) poursuit son chemin. Les encours gérés en France selon cette méthode alliant critères financiers traditionnels et facteurs extra-financiers (environnement, critères sociaux, ...) se montaient à 29,9 milliards d'euros à fin 2008, selon le site Novethic.
L'ISR a ainsi progressé de 37% en un an, une évolution qui se compare favorablement à l'évolution des encours gérés pour compte de tiers en France, lesquels ont reculé de 11% l'an dernier, selon l'Association française de gestion (AFG). Il reste un marché de niche, mais la crise financière pourrait lui donner un nouveau souffle, dans la mesure où les critères d'investissement qu'il défend en font un instrument de "finance durable". Tout à fait dans l'air du temps après les excès de la finance court-termiste à base de modèles mathématiques.
L'ISR est plus que jamais soutenu par les investisseurs institutionnels, notamment via leur gestion interne. C'est ce segment du marché qui a connu la plus forte progression en 2008 (+119%). Et, après l'Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP), c'est Agrica, groupe de retraite et prévoyance du monde agricole, qui a décidé de convertir la majorité de ses actifs (70% dans un premier temps) aux principes ISR.
Au total, les actifs ISR détenus par des investisseurs institutionnels ont grimpé de 53% en 2008, à 22,5 milliards d'euros (voir graphique) et représentent désormais 75% du marché total : une dynamique qui contraste avec le manque d'appétit des particuliers pour ce type d'investissement. Là, l'année 2008 montre une stagnation des montants investis (+3% seulement). Et encore cela inclut-il le cas particulier de l'épargne salariale, où le particulier est certes le seul décisionnaire, mais agit dans un cadre imposé et dispose d'une offre restreinte.
Pourquoi le particulier s'intéresse-t-il peu à l'ISR ? La réponse se situe sans doute dans le manque de lisibilité de l'offre, l'investisseur pouvant se retrouver perdu devant la diversité des approches (exclusion de certains secteurs, choix des sociétés les mieux notées dans chaque secteur,...).
Pour les guider, Novethic envisage d'élaborer une labellisation des fonds disponibles, comme l'a rappelé ce matin Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, lors d'une conférence de presse. Rendez-vous en septembre pour en savoir plus...